| mardi 24 mars 2009, a 09:44 |
| La Fédération protestante tend la main aux évangéliques |
Lors de l'assemblée générale de la Fédération protestante de France (FPF), le pasteur Claude Baty a appelé les protestants au rassemblement
Risque d'une polarisation Et c'est là que le bât blesse : à la FPF, personne ne prétend s'opposer à une plus grande unité entre évangéliques, mais on craint de voir le CNEF devenir une instance concurrente. Depuis 1905, la FPF est en effet l'unique instance de représentation officielle du protestantisme français, notamment auprès des pouvoirs publics.
Le risque d'une polarisation entre évangéliques et luthéro-réformés apparaît aujourd'hui non négligeable, d'autant que le CNEF compte en son sein des évangéliques longtemps hostiles à la FPF, jugée trop libérale et œcuménique.
« Ce que je voudrais prévenir, c'est qu'un bon élan (de réconciliation entre familles évangéliques) conduise à une stabilisation des clivages et donne une image encore plus éclatée du protestantisme, sans négliger les risques de surenchère », s'est inquiété, samedi, Claude Baty. La FPF a des atouts à faire valoir Quelles sont les marges de manœuvre dans ce dossier ? Difficile à dire. D'un côté, on voit mal les évangéliques renoncer à une représentation plus identitaire ; de l'autre côté, la FPF n'entend pas brader son projet fédératif pour tenter de séduire les évangéliques.
Lors d'une rencontre prévue le 26 mars, Claude Baty compte « appeler le CNEF à être raisonnable », et tentera de faire comprendre que le protestantisme « n'a rien à gagner » à une double représentation pouvant être instrumentalisée de l'extérieur.
La FPF a des atouts à faire valoir : une réelle expérience fédérative, plus d'un siècle de représentation du protestantisme français. En réponse au CNEF, elle rappelle que « la voix évangélique est aussi dans la FPF » et que le tiers de ses membres sont évangéliques. Si les tensions venaient à se durcir, c'est d'ailleurs pour eux que la situation deviendrait délicate.
Elodie MAUROT
source: la-croix
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