Le marché de troc de bijoux s'ouvre. Des femmes affluent avec le reste de leurs bijoux que le Sandouk Etalamoun leur a épargnés.
Le besoins'en ressent :
Le mois du ramadhan s'approche et la crainte s'en suit face à la précarité du citoyen, une solution s'impose : hypothéquer les bijoux de famille. C'est devenu le propre de nombreuses familles algériennes I l était environ 11h30 quand nous avons franchi l'entrée de l'agence de la Banque du développement local (BDL), spécialisée dans les prêts sur gage. « Oui madame, qu'est -ce que vous voulez ? » (c'est le propre du planton premier PDG des sociétés et de l'administration algériennes), nous a demandé l'agent de sécurité à la porte de l'agence. Là, nous avons eu un petit dialogue. « Nous voulons juste nous renseigner sur l'hypothèque des bijoux », avons-nous répondu. « C'est ici. Vous avez de l'or à déposer ? » « Non, non c'est juste pour nous renseigner sur l'opération. Nous sommes journalistes » avons-nous répliqué.
En nous montrant le chemin, notre interlocuteur nous indique que c'est au premier étage. Nous avons pris nos tickets avant d'entrer au sein de l'agence. Sur les lieux, une foule compacte attendait de pied ferme devant le préposé au guichet. Les regards des uns et des autres dégagent un fort sentiment de culpabilité. Quelques vieilles dames n'osaient même pas lever les yeux.
La première cliente que nous avons apostrophée au rez-de-chaussée était une sexagénaire accompagnée de sa petite fille et qui venait juste de déposer ses bijoux auprès de l'agence contre une modique somme de 4000 DA. « Ce n'est pas le bonheur qui nous ramène ici, c'est le besoin. Tout le monde ici a besoin d'argent », nous déclare-elle avec un air désolé, quand nous avons essayé de l'aborder.
Négoce de l'or à ciel ouvert :
Ce n'est sans doute pas un hasard si cinq commerces, entre buralistes, fruits et légumes… ont changé d'activité en l'espace de quelques mois à peine, pour s'improviser… bijoutier. Mais ce sont des « bijoutiers » aux enseignes bien spéciales, et aux activités bien plus spéciales encore... Serait-ce trahir quelque secret que de dire que le plus grand trafic d'or dans le pays se trouve à Ruisseau ? Sans doute pas.
Des vendeurs (plus ou moins) à la sauvette, n'hésitent pas à désigner d'un doigt accusateur de gros bonnets, jouissant de protections puissantes, détenant pignon sur rue et empêchant même que les descentes policières puissent s'effectuer comme cela se faisait jadis. La misère ambiante aidant, une faune impressionnante, sévissant quasiment au grand jour, guette tous les passants qui empruntent la ruelle séparant « Oued Kniss » du « Ravin de la Femme Sauvage ». « Kach ma t'bi'e ». C'est avec cette phrase qu'ils vous interpellent, vous détaillant d'un oeil expert et préparant mille et une répliques en cas de réponse positive.
Bref, depuis que la misère a atteint un seuil quasi intolérable, bien peu de familles, qui ne recouraient qu'exceptionnellement au prêt sur gage, gardant le ferme espoir de recouvrer un jour leur or, arrivent encore jusqu'à la banque. Les commandos de guetteurs les interceptent systématiquement et les travaillent au corps afin de devenir les heureux acquéreurs du produit mis en vente. Ici, pas de risque que le vendeur, souvent venu de loin, puisse se faire agresser. Il y va de la crédibilité de ce marché parallèle et florissant.
Aussi, la sécurité est-elle assurée par des sortes de milices travaillant pour le compte de ces « acheteurs-vendeurs ». Les intrus, les voyous, ceux qui ne respectent pas les règles du jeu, sont impitoyablement pourchassés et exilés définitivement des lieux. Pour les autres, qui gagnent fort bien leur vie (« El Hamdoullah », nous déclarait publiquement encore, il n'a pas si longtemps de cela l'un d'entre eux), le travail se passe en plusieurs temps, sans le moindre accroc chemin faisant.
Les charlatans inondent les marchés :
On les trouve dans les marchés hebdomadaires, entourés d'une foule de badauds, la plupart ayant un haut-parleur branché à la batterie de la voiture qu'ils auront garée dans un endroit bien en vue.
Ils viennent très tôt et choisissent les meilleures places, installent une table recouverte de posters montrant des squelettes humains, des glandes, parfois ce sont des yeux, d'autres un estomac grandeur nature, ou encore un des systèmes du corps humain.
Des pots contenant des herbes sèches, d'autres une mixture sombre ou claire, des racines, des sachets de poudre, sont entreposés sur les posters et le tour est joué. Il ne reste qu'un bon bagout, quelques connaissances limitées du corps humain, de quelques maladies connues, et bien entendu un air docte et sûr de soi pour compléter le tableau. Ce sont là les herboristes ambulants que tout le monde connaît, ou ne connaît pas, c'est selon, mais qui sont partout, dans tous les marchés populaires, dans certaines places publiques, la plupart sont véhiculés, mais aucun d'eux ne donne son vrai nom ni son adresse réelle. Nous les voyons entourés de dizaines de personnes, malades ou se croyant telles, à la recherche du remède miracle qui viendrait à bout de la douleur dentaire, d'une lombalgie, d'un ulcère ou même d'une chute de cheveux précoce. C'est là un créneau très porteur qui fait gagner beaucoup d'argent et nos herboristes – le sontils, en fait ?- en profitent au maximum. « Prends ça deux fois par jour… et du deviendras riche dans deux semaines ».
Et ces pauvres malades achètent, achètent, ils achètent n'importe quoi, pourvu que quelqu'un leur affirme qu'ils vont guérir dans peu de temps. Ces clients, et là aussi c'est curieux, se trouvent parmi toutes les couches de la société, aussi bien les analphabètes (les plus nombreux, bien entendu), mais nous trouvons aussi des intellectuels, des gens aisés, des étudiants et certains affirment que même des universitaires se sont laissés prendre à ce véritable chant des sirènes émis par ces personnes qui sont passées maîtres dans l'art de la persuasion et du mensonge. Mais au-delà de tout cela, il y a le danger représenté par ces herbes appelées médicinales entre les mains de personnes ignorant totalement ce qu'elles sont en train de vendre.
Pendant ce temps, Belkhadem s'accroche à la réconciliation nationale et la langue arabe :
« Tous les évènements de la décennie noire n'ont pas pu venir à bout du peuple algérien qui a su toujours relever la tête, et ce n'est certainement pas maintenant que nous allons abdiquer. Nous continuerons à oeuvrer pour la paix et la réconciliation nationale envers et contre tous ceux qui veulent détruire l'Algérie ». C'est ce qu'a déclaré le secrétaire général du Front de libération nationale, Abdelaziz Belkhadem, hier, à l'ouverture de l'université d'été de son parti, à l'université de Blida.
Le SG du FLN s'est, en outre, longuement étalé sur « la place de la langue arabe dans l'identité nationale ». « La langue est l'essence identitaire de toutes les nations et celles qui ne prennent pas en compte cette réalité verront leur identité perdue », a souligné Abdelaziz Belkhadem. Et de poursuivre : « Ainsi, pour l'Algérie, la langue arabe est un gage pour son avenir et nous nous devons de faire de la langue arabe une langue de science et de savoir reconnue mondialement. Ceux de nos frères qui affirment que l'arabe est une langue morte, qu'elle ne peut pas véhiculer le savoir et qui essaient de minimiser son rôle sont à blâmer beaucoup plus que nos ennemis pour lesquels il est de bonne guerre de nous attaquer. » Le secrétaire général du FLN s'attaque ensuite à « ceux qui militent pour qu'une langue étrangère soit exigée pour tout emploi alors que nos enfants ont eu une instruction arabisée depuis la première année de leur scolarisation » Abdelaziz Belkhadem continuera en affirmant : « Nous avons besoin d'une sécurité linguistique, qui est la langue arabe, comme nous avons besoin d'une sécurité alimentaire, en eau ou autre. Ceux de nos concitoyens qui ont affiché leur allégeance linguistique à l'étranger vont vers une allégeance de pensée puis politique à ces mêmes étrangers. L'Algérie souffre d'une crise de personnalité plus qu'elle ne souffre d'une crise linguistique. »
Au cours de la pause, et en marge des travaux, M. Belayat a déclaré que le SG du FLN avait fait exprès de parler longuement de la langue arabe car elle fait l'objet d'attaques diverses de la part de ses ennemis et que chaque nation doit avoir une identité propre, mais « fort heureusement, la langue arabe est reconnue et défendue par la Constitution et par les textes de loi en vigueur en Algérie ».
Le FLN, quant à lui, relance le 3ème mandat présidentiel de Bouteflika :
Alors que de nombreux milieux pensaient, a priori, à tort, que le projet de révision de la constitution et l'appel à un 3è mandat que serait amené à briguer le président Bouteflika n'étaient plus d'actualité et ce à l'exigence expresse du chef de l'Etat en personne, voilà que l'ex-chef du gouvernement et non moins SG du FLN revient à la charge, à la veille de l'ouverture de "l'université d'été" qu'organise, depuis hier, et pour deux jours à Blida, le FLN. Il est certain que derrière cette énième "initiative", émanant de la direction du FLN et que soutiendraient, d'autres associations politiques, à l'image du RND, du MSP ainsi que la Centrale syndicale, se profile, de l'avis d'observateurs, la volonté de certains de voir le président Bouteflika achever "l'oeuvre" de réconciliation nationale qu'il a entreprise, voilà près de six ans, qu'ils tiennent, à chaque fois, à en rappeler leur attachement à cette option.
Sources : le Courrier d'Algérie : Fatiha Arab, Wassim Benrabah, Hadj Mansour.
Synthèse : Zéralie
source: ADN |