A l'occasion de Yennayer 2959, le MAK a organisé une marche à Tizi-Ouzou pour revendiquer l'autonomie de la Kabylie. Malgré les intempéries, il pleuvait des cordes, la désinformation et la censure, la marche a été grandiose
La marche organisée par les sections universitaires du MAK (Mouvement Pour l'Autonomie de la Kabylie) de l'UMMTO (Université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou a été l'acte fondateur de la réconciliation d'un peuple avec son histoire, ses traditions, sa culture, sa langue et ses aspirations.
La marche organisée par les sections universitaires du MAK s'est ébranlée à 10.30 depuis le portail de Ihesnawen (Portail de l'Université) pour se terminer devant le siège de la mairie de Tizi Ouzou.
Le point de départ qui est l'Université Mouloud Mammeri est un hommage à tous les devanciers issus de cette même enceinte qui ont mené un combat, montré la voie et consenti de lourds sacrifices pour les libertés démocratiques qui ont délivré de la peur le peuple algérien dans son ensemble.
La perspicacité des organisateurs de cette magnifique manifestation ont eu aussi l'intelligence de désigner l'esplanade de la mairie comme étant la destination finale de la marche. Et pour cause : en elle-même, la mairie symbolise l'endroit où doit s'exercer la volonté populaire exprimée par les suffrages et où doit se traduire dans les faits le pouvoir civil des citoyens.
La marche qui n'a pas été encadrée par la police, omniprésente du début à la fin, n'a souffert d'aucun incident. A 3 reprises, des ambulances en charge d'évacuation de citoyens extérieurs (vraies ou supposées urgences) ont été remarquablement canalisées et emmenées à bon port par les organisateurs. La fluidité de la circulation, malgré les aléas, a été une preuve de maturité et d'un sens d'organisation remarquables de la part des organisateurs.
La marche à laquelle ont appelé les sections du MAK de l'Université qui a rassemblé selon ses organisateurs près de 4.000 étudiantes et étudiants était belle à voir.
Malgré le froid et les intempéries qui ont provoqué comme de coutume des isolements et des abandons programmés par le pouvoir de toute la périphérie kabyle, elles étaient et ils étaient là, stoïques, déterminés et graves en ce jour anniversaire d'une résurrection d'un patrimoine culturel qui inaugure par lui-même la renaissance d'un peuple qui refuse la soumission, l'asservissement et qui aspire à maîtriser son être et son devenir.
À noter qu'à cette occasion et pour la première fois, les élèves du primaire et secondaire ont bénéficié de la journée libre. De même que certaines municipalités ont décidé de fermer leurs portes et libérer leurs travailleurs. Prélude à une autonomie de décision.
« Timanit i Tmurt », « Pouvoir assassin » ont été les slogans récurrents de cette formidable prise de conscience d'un peuple qui a décidé de s'autodéterminer en se réappropriant Yennayer, comme première étape du recouvrement de sa pleine souveraineté dans la maîtrise de son destin.
M. Loukad
Secrétaire national du MAK
à la culture et au Patrimoine
Source: ADN