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Association Franco-Kabyle pour la culture "TAFAT UMASIHI"
dimanche 25 octobre 2009, a 09:59
L'ASKAF appelle les médias français à cesser tout amalgame entre kabyles et arabes
 

L'association des kabyles de France (ASKAF) tient à féliciter l'acteur et humoriste Dany Boon, qui, dans un entretien accordé au magazine "Le Point", daté du 22 octobre 2009, a tenu a préciser qu'il était un "fils de kabyle et non d'un arabe".
Cette précision peut sembler anodine mais elle est au contraire importante car l'ASKAF considère que le premier pas vers une meilleure visibilité de la communauté kabyle est de s'affirmer comme tel.
 
En effet, nous regrettons que la plupart des personnalités françaises d'origine kabyle ne fassent pas plus d'efforts afin de permettre à la culture kabyle de ne pas être assimilée à la culture arabe. Le climat d'intimidation que font régner certaines organisations arabo-musulmanes en France afin d'étouffer la culture berbère y est pour beaucoup.
 
Nous rappelons que la culture kabyle est opprimée en Algérie et ignorée en France. Et ce, malgré l'apport de nombreuses personnalités ayant des origines kabyle au rayonnement de la France. On peut citer notamment Edith Piaf, Zinedine Zidane, Daniel Prevost, Dany Boon, Alain Bashung, Karim Benzema et pleins d'autres. Mais également les nombreux kabyles venus participer à l'industrialisation du pays.
 
L'ASKAF appelle les médias français à cesser tout amalgame entre kabyles et arabes car celui-ci se fait systématiquement au détriment des kabyles, qui luttent pour la survie de leur culture. Les kabyles sont des gens libres, laïques et républicains. Ils ne sont donc pas concernés par les revendications d'enseignement de la langue arabe dans les écoles et de création d'enceintes religieuses.
 
Arezki BAKIR (président) et Nafa KIRECHE (secrétaire général et porte-parole)
 
Site internet : www.askaf.fr

mardi 25 août 2009, a 12:13
KABYLIE : ISLAMISATION ACHARNEE
 

Arabiser la Kabylie est la volonté la plus constante et la plus hargneuse du régime algérien. Après l'échec de différentes politiques scolaires d'arabisation de la Kabylie (arabisation de l'école 1969, la grande offensive de 1976 avec l'arabisation de l'état-civil, de l'environnement avec les enseignes et les panneaux routiers, de l'administration…) c'est l'islamisme qui est appelé au secours d'un aussi criminel objectif. C'est Chadli qui a inauguré ce nouveau cheval de bataille devant dépersonnaliser la région frondeuse et rebelle au régime d'Alger et qu'enfourche, aujourd'hui avec encore plus de zèle, un Bouteflika que la Kabylie ne reconnait pas et ne reconnaîtra jamais comme président.

Après le « printemps berbère » de 1980, cet inculte ex chef d'Etat signa une « instruction présidentielle » renforçant le volume horaire de l'islam dans le système scolaire algérien. Même si c'est la Kabylie qui était visée avant tout, ce fut le reste de l'Algérie qui en est atteint. Les élections pluralistes de 1990 et 1991-1992 révélèrent un raz-de-marée islamiste algérien à l'exception de la Kabylie, épargnée par le phénomène, car pétrie de valeurs démocratiques et laïques. Le terrorisme islamiste à partir de 1992 ne touchait pas non plus la région. C'est à partir de la reddition de l'AIS (Armée Islamique du Salut), en 1996, qu'un accord secret entre le régime algérien et les dirigeants islamistes est définitivement scellé sur le dos des Kabyles. Les deux alliés vont déployer des moyens sans commune mesure pour dompter la Kabylie. Ainsi, le terrorisme islamiste est, d'un commun accord avec Alger, progressivement transféré vers cette partie du pays en même temps que des islamistes « repentis » sont officiellement nommés comme imams dans les mosquées de Kabylie. Ce terrorisme islamiste étranger à la région sert en même temps de prétexte pour un quadrillage militaire de cette dernière. Actuellement, il y a plus de cinquante mille hommes qui y sont déployés, davantage pour prévenir des manifestations kabyles que pour éradiquer le terrorisme islamiste.

N'ayant toujours pas obtenu de résultat satisfaisant, des campagnes de propagande fustigeant les Kabyles se convertissant en masse au christianisme sont orchestrées pour donner lieu à, une nouveauté, financer des traductions du Coran en kabyle que le ministère algérien de l'islamisme distribue gratuitement dans les mosquées et les organisations religieuses traditionnelles de Kabylie.

Aujourd'hui, c'est l'Arabie Saoudite qui vient à la rescousse de cette entreprise antikabyle en organisant elle-même, avec la complaisance du gouvernement algérien qui ferme les yeux, une distribution de Corans dont elle a, elle-même, commandé la traduction. Ceci montre que l'Algérie, dès lors qu'il s'agit d'aliéner les Kabyles, se permet volontiers de se transformer en une république bananière où des pays étrangers s'adonnent en toute liberté à toute sorte de trafic d'influence. C'est ce qui a poussé le quotidien El Watan d'aujourd'hui, par la plume de Hacene Ouali, à s'élever contre cet état de fait en ces termes : « ce qui est aussi scandaleux dans cette affaire est le fait de désigner une région d'Algérie comme impie et qu'il faut donc l'islamiser à tout prix. Autre question que soulève cette opération menée par l'ambassade du royaume wahhabite : le choix de la région – la Kabylie – à laquelle a été destinée le don. »

La dépersonnalisation de la Kabylie est menée tambour battant par l'école qui arabise, les militants qui islamisent et les Kabyles de services se ridiculisent en s'attachant à de honteux et mesquins privilèges. La Kabylie aspirant à son autonomie leur demandera tous, un jour, des comptes.

La Kabylie a une personnalité et des valeurs ancestrales que chacun est tenu de respecter. La seule manière de rester fidèle à elle-même est de disposer d'un gouvernement kabyle autonome.

Le MAK condamne toutes ces menées visant à dépersonnaliser le peuple kabyle démuni de moyens pour se défendre. Il appelle tous les Kabyles à s'engager dans ses rangs pour écarter ensemble les menaces pesant sur notre liberté, notre langue et nos valeurs séculaires.

Kabylie, le 21 août 2009

P/ Le MAK,
Mouloud MEBARKI,
Secrétaire Général

Source: makabylie.info

dimanche 16 août 2009, a 13:06
Naissance à Agadir de l'association Souss Alaalima pour l'Amitié Amazigho-juive
 

L'association Souss Alaalima pour l'amitié entre juifs & amazigh a tenu sa première assemblée générale constitutive le 24 juillet 2009.

Très attendue depuis 2007* au Maroc, l'association s'est donnée comme principaux objectifs de lutter contre l'antisémitisme en Afrique du Nord, en même temps qu'elle développera la culture amazighe chez les Juifs berbères résidant en Israël.

De nombreuses tribus juives vivent toujours dans l'Atlas marocain. On sait que les sépharades israéliens qui sont aussi des juifs amazighs contribuent à enrichir cette culture commune judéo-berbère.

 

Objectifs culturels:

* Encourager la culture amazighe et la culture juive au Maroc.

* Soutenir les activités culturelles judeo-amazigh au Maroc.

* Soutenir les activités culturelles organisées par des associations amazigh et Juif .

* Soutenir l'échange culturel entre les associations culturelles amazighes et juives.

* Organiser et soutenir l'échange entre les jeunes amazigh et Juif

* Organiser des excursions sur les sites historiques en Afrique du nord et en monde entier.

* Lancer un programmepour préserver le patrimoine Amazigh et Judeo-amazigh en Afrique du nord et en monde entier.

* Défendre la culture amazighe et juive.

* Enseigner la langue amazigh et la langue hébreu.

* Lutter contre l'analphabitisation en utilisant la langue maternelle des africains du nord (Tamazight). Objectifs politiques:

* Défendre la culture et l'identité juive et amazighe.

*Défendre les droits culturels, politiques, économiques, linguistiques du peuple amazigh et juif.

* Défendre les causes juives et amazighes dans le monde entier.

* Lutter contre l'antisémitisme et tous les actes de discrimination et du racisme.

* Défendre soutenir les droits primordiaux concernant la constitutionnalisation et l'officialisation de la langue amazighe et la langue hébreu en Afrique du nord et en monde entier.

* Défendre le droit crucial de l'apprentissage de deux langues dans tous les cycles de l'enseignement.

* Soutenir l'unification de l'Afrique du nord.

* Lutter contre le terrorisme quelque soit (culturel, religieux, politique…)

* Lutter contre l'exploitation répressive de la religion pour des motifs personnels ou politiques.

* Défendre les droits de l'homme reconnaît par la communauté internationale.

 

Objectifs socio-économiques :

* Réaliser des projets dans les domaines de l'environnement et le développement socio-économique au Maroc.

* Soutenir les associations du développement amazighes et Juifs.

* Participer aux projets du développement selon les potentiels financiers de l'association.

* Coopérer avec les associations qui ont mêmes objectifs.

* Lutter contre la faim, la pauvreté, la destruction et la désertification.

* Soutenir les actions sociaux et para économiques.

* Soutenir les projets micro-économiques (l'artisanat..).

* Encourager de la prévention sanitaire et réaliser des actions médicales et paramédicales.

* Lutter contre les maladies transmissibles et infectieuses.

 

Contact : assoaja@gmail.com

 

*http://sefardi.over-blog.fr/article-12426207.html

source: kabyle.com

mercredi 12 août 2009, a 13:37
Le Président du CMA s’entretient avec le Rapporteur Spécial des Nations Unies pour les droits des peuples autochtones
 

En marge de la session du Mécanisme d'Experts des Nations Unies sur les questions autochtones qui se déroule actuellement au Palais des Nations à Genève, Belkacem Lounes, Président du Congrès Mondial Amazigh, s'est entretenu ce mardi 11 août 2009, avec M. James Anaya, Rapporteur Spécial des Nations Unies sur les droits et les libertés des peuples autochtones.

Au cours de l'entretien, le Président du CMA a exposé à M. Anaya, les situations qui prévalent dans les différentes régions de Tamazgha. Il a notamment évoqué le racisme et les discriminations anti-amazighes,  les arrestations et détentions arbitraires des Amazighs dans les différents pays, les violations de leurs droits et libertés de réunion et d'association, la question de l'impunité, la spoliation de leurs terres et ressources naturelles par les Etats (gaz, pétrole, minerais, eaux et forets), la militarisation du pays Touareg et de la Kabylie et ses effets meurtriers, la destruction des forets et des champs par des feux allumés par les services de sécurité algériens en Kabylie et l'absence ou le peu de considération pour la langue et la culture amazighes dans les différents pays.

Le Président du CMA a également informé le Rapporteur Spécial de l'existence de mouvements pour l'autonomie de certains territoires amazighs (Kabylie, Rif…) conformément au droit international et l'a alerté sur les dangereuses tentatives de diabolisation de ces mouvements pourtant pacifiques et démocratiques. ‘'Les lobbys panarabistes et islamistes bien implantés au sein des gouvernements en Afrique du Nord n'hésitent pas à qualifier les Amazighs de Juifs et/ou de traitres dès lors qu'ils revendiquent leur amazighité, sans jamais être inquiétés par la justice'' a déclaré Belkacem Lounes à M. Anaya.

Le Président du CMA est également revenu sur les harcèlements policiers subis par les membres de son organisation récemment en Kabylie et par les mauvais traitements infligés aux membres non algériens du CMA. ‘'Aujourd'hui, le gouvernement algérien est entrain de fermer la Kabylie au reste du monde afin d'accomplir ses exactions à huis clos'' a-t-il expliqué.

Pour finir, Belkacem Lounes a remis un rapport au Rapporteur Spécial des Nations Unies et l'a invité à effectuer une visite d'inspection dans un des pays de Tamazgha.

M. James Anaya a remercié le Président du CMA et lui a demandé de le tenir informé sur tous les événements futurs. Il a promis qu'il allait examiner de près la possibilité de se rendre dans un proche avenir dans au moins un des pays de Tamazgha.

Palais des Nations, Genève, 11/08/2009

Correspondance CMA

 Source: kabyle.com

 

vendredi 31 juillet 2009, a 16:37
3 siècles de donatisme en berbérie
 

 J'écris pour me parcourir » Henri Michaux

Jadis, à l'école coloniale, le maître ne cessait de réitérer que nos ancêtres étaient les Gaulois. Malgré notre répétition en chœur, les murs de la classe restaient muets, car rien n'était gaulois dans notre physique et nos haillons.



La Gaule n'était pas la Berbérie numide africaine, couloir des civilisations Aussi, et dans la contradiction, les vitraux de l'église coloniale de mon village natal alarboraient la silhouette de St Augustin. Cet antique Algérien de Thagaste, père de l'église Romaine, a démystifié l'école coloniale de Jules Ferry et « l'ancêtre gaulois ». J'ai pris la décision de regarder derrière moi à travers la lecture juste de l'histoire de ma nation. Une fierté incommensurable a envahi la profondeur de mon âme. Là, j'ai décidé d'écrire pour me parcourir, découvrir encore plus le lointain de la région qui m'a enfanté et dont l'amour coule quotidiennement dans mes veines qui sécheront un jour dans sa terre que j'ai tant sentie et mordue. Charles André Julien me tend l'histoire de l'Afrique du Nord, des origines à la conquête arabe. Tout doucement, j'arrive au chapitre intitulé : « La conquête et l'occupation vandales » et je lis « ... Les fouilles opérées à Ala Miliaria (Benian) .... permettent d'évoquer les rencontres sanglantes entre hérétiques et orthodoxes dans la Maurétanie occidentale où le donatisme restait puissant. Elles mirent au jour les caveaux de plusieurs dignitaires de la secte, notamment celui de la religieuse Robba qui, pour avoir succombé, en 434, sous les coups des ‘‘traditeurs'', mérita la palme du martyre et l'érection d'une basilique. » L'invasion des Vandales m'a permis de percevoir un nom que de nombreux historiens, souvent par sentiment à l'égard de l'église de Rome, qualifient d'« hérétique » ou quelquefois dans « l'obédience colonialiste », n'osent pas citer. Un petit nom, frêle peut-être comme le corps pur et dur de cette dame qui a marqué de son empreinte le Sud-Est de la Maurétanie césarienne. Ni arme, ni armée, à pied ou sur un équidé, elle a sillonné certainement les plaines d'El M'cid et de Ghriss pour affirmer le donatisme au niveau de la masse prolétaire agricole et isoler les colons berbéro romains.

En un laps de temps (429-434), elle a ressuscité le mouvement donatiste farouchement persécuté par St Augustin. Une révolte sociale qui lui coûta la vie. Elle, Robba, adepte de l'évêque Donat de Baghaï des Nemmemchas, père du donatisme, mouvement nationaliste qui a déstabilisé l'église de Rome jusqu'à l'arrivée des Byzantins. A ce sujet, François Decret m'authentifie : « de tous les mouvements qui ont marqué l'aventure du christianisme en Berbérie, le Donatisme aura été le plus ‘‘africain'', le seul qui soit né sur cette terre où il s'épanouit plus de trois siècles durant. » Impulsion à caractère politique qui a permis l'émergence de l'expression anticolonialiste par les historiens engagés tels que Courtois et Mesnage. Ce dernier m'ouvre la parenthèse et affirme : « Les chefs donatistes n'étaient en fait que des révoltés à l'égard de l'autorité romaine. Quant aux indigènes, c'est toujours des vaincus frémissant sous le joug. Or, on proteste comme on peut contre le joug qui opprime : ne point parler la langue du maître, c'est déjà se séparer de lui par quelque chose d'essentiel, mais prier autrement que lui est beaucoup plus encore, car cela constitue une révolte morale qui satisfait bien mieux les sentiments de nationalité ». Une telle assertion me réconforte et témoigne que Robba, la religieuse donatiste, était une résistante berbère ayant gagné de la sympathie chez les circoncellions, synonymes du prolétariat indigène des plaines d'el M'cid et de Ghriss. Cette frange de berbères attachée à ses traditions, à ses coutumes et à sa langue restait fidèle à elle-même et jalouse de son indépendance.

Serge Lancel et Paul Matteï, professeurs, chercheurs et spécialistes de l'histoire du Christianisme en Afrique, m'étalent leur ouvrage intitulé Pax et Concordia, chrétiens des premiers siècles en Algérie, mettant en exergue la « sagesse » de notre compatriote et ancêtre st Augustin, persécuteur du mouvement donatiste. Une véritable réplique de la « Pax Romana » que notre humble historien Mahfoud Kaddache qualifie « d'euphémisme cachant mal la réalité, celle des insurrections permanentes du pays profond resté indépendant ; celle des révoltes et des jacqueries dans le territoire occupé. En pays berbère, l'histoire de la domination romaine est celle « de cinq siècles de guerres acharnées pour la liberté et l'indépendance ». Dans le même ordre d'analyse, je consulte Dominique Arnaud à travers sa publication « Histoire du christianisme en Afrique dans la collection Mémoire d'Eglise, qui me garantit : « au niveau social et politique, l'église donatiste ou l'église des saints devient très vite le lieu de ralliement de tous les champions de l'indépendance, les adversaires du pouvoir établi, les insaisissables Berbères, les farouches Numides, les campagnards mécontents ... les privilèges accordés par l'empereur à l'église d'Afrique du Nord et les persécutions des donatistes ne font que confirmer ‘‘Ies saints'' de la justesse de leur cause. »

Plus j'avance dans ma lecture, plus je me rassure de l'esprit anti-colonialiste qui animait la Maurétanie césarienne, tant au niveau du Berbère culturellement romanisé non catholicisé, entre autres les chefs donatistes, qu'au niveau des Berbères prolétaires, indigènes, spirituellement et culturellement indépendants et qu'on appelle communément les circoncellions . Ces derniers prirent eux-mêmes la décision de se rapprocher des donatistes. Les circoncellions virent dans la dissidence religieuse donatiste la religion des pauvres et, de ce fait, offrirent aux donatistes persécutés un appui inespéré et traitèrent les évêques catholiques, comme ils avaient traités les grands propriétaires fonciers berbéro-romains. Le donatisme a été pour eux l'expression du désir d'une indépendance politique. On peut dire que la coalition (donatistes et circoncellions) constituait au IVe siècle une masse prolétaire à vocation agricole, et non des bandits sans foi ni loi tels que décrit par st Augustin. M. Kaddache conforte notre point de vue par « Ce fut une véritable tentative de révolution sociale tendant à la libération des opprimés, esclaves ou main-d'œuvre de condition libre au chômage ; il s'agissait bien d'un phénomène économique, d'une réaction d'un prolétariat agricole réduit à la misère. »

Le donatisme est un effet qui va bien au-delà d'une simple crise religieuse. Il est lié à l'instabilité économique des classes rurales et pauvres et au refus ancestral de la population berbère d'être dominée par la culture romaine, étrangère. Le donatisme rejette à la fois le joug de l'unité impériale et celui de l'unité catholique. Le donatisme, qui résista fortement à la présence romaine en Maurétanie césarienne, a su galvaniser le prolétariat agricole et récupérer les circoncellions pour élargir son mouvement. L'église de Rome, très affaiblie et divisée, se redressa spontanément sous l'ère de Bélizaire, c'est-à-dire la période Byzantine, et s'estompa vers la fin du VIlle siècle avec l'avènement de l'Islam. Le donatisme a su galvaniser les masses prolétaires en Maurétanie césarienne et à ce sujet W.H.C. Frend écrit justement : « Donat défend une série de valeurs que Cyprien et Tertullien avaient défendues. Il représente le courant principal de développement de l'église nord-africaine. De plus, il attire à son église un mouvement social révolutionnaire ...

Honorus le donatiste, évêque d'Aqua Sirense (Bouhanifia) et frère de Robba, me remonte sur la présence de cette religieuse dans notre périmètre, immortalise le djebel Robba et, un peu plus loin dans la plaine limitrophe de Ghriss, la basilique de Robba à Benian (Ala Miliaria). Notre modeste recherche nous a permis, en plus du djebel Robba et la basilique de Robba, de mettre en valeur un site archéologique au douar Souabria (fisef), sur le flan sud-ouest de la forêt d'El Guetarnia. Ce qui implique aisément que ma région natale est antique et fortement donatiste. Les historiens de l'église de Rome ont qualifié dans leurs écrits les donatistes « d'hérétiques » et de « schismatiques ». Non ! Les Berbères numides avaient leur propre église africaine, à connotation orientale. Encore plus, la Bible a été traduite en latin en Numidie par deux autochtones, à savoir Tertullien et st Cyprien. De la toile tissée en Numidie, Rome a confectionné une soutane que les donatistes ont refusé de porter.

A la fin du VIIe siècle, l'église donatiste s'est estompée au fil des ans, permettant à la descendance de Robba et sans contrainte aucune d'embrasser l'Islam. La majorité des Berbères indigènes adeptes du donatisme, trop longtemps persécutés par les catholiques, leur lieu de culte a été épargné et respecté par les conquérants musulmans. Demeurant primitive, la pratique religieuse donatiste se lénifia pour disparaître devant la commodité de la religion musulmane. Cette dernière intégra les noms berbères d'origine chrétienne dans le lexique arabo-musulman. Le prénom Robba demeure éternel dans la région de sfisef.



Par Driss Reffas

 Source: el watan

dimanche 07 juin 2009, a 11:05
Linda asmani sur le passé-present judéo-amazigh
 



lundi 01 juin 2009, a 11:40
Daniel Prévost, la fierté d’être Kabyle
 

Depuis la découverte de ses racines kabyles, Daniel Prévost a toujours brandi sa kabylité avec une fierté sans bornes. L'histoire de cette découverte il l'a racontée dans son livre, intitulé : Le Pond de la révolte, où l'authenticité événementielle est traversée, de bout en bout, d'une émotion indescriptible, tellement la souffrance, la douleur, la joie, alternent dans le cœur d'un homme (Daniel Prévost) qui assiste à la naissance de sa propre identité, alors que lui-même est né il y a plus de quarante ans.Le récit de son voyage en Kabylie, avec sa femme et ses enfants, leur séjour mémorable, au sein des « leurs », est d'une sensibilité à vous nouer la gorge.

Denis Forestier, (alias Daniel Prévost) jubile.
Les billets d'avion en main, il veut crier sur tous les toits de France son bonheur d'aller, enfin, retrouver, en Algérie, ses racines kabyles.

Sa joie explose, sans retenue : malgré la nuit avancée, il trépigne, hurle comme un possédé : « La Kabylie… La Kabylie… »… Il aurait voulu même pousser des youyous, et pourquoi pas ? chanter, faire la fête, là, tout de suite, dans sa chambre, si son jeune fils ne l'avait rappelé à l'ordre :
«  Papa, il est 11 heures ! Arrête ton cirque kabyle ! Demain j'ai un contrôle d'anglais ! »
Anglais ? Denis ne voyait sur terre qu'une seule langue digne d'être étudiée, parlée : celle de son père, Mohand Aït-Salem, la sienne, maintenant.
Son fils se trompe. Il devrait dire : un contrôle de Kabyle !
Calmement, Denis explique au petit Guillaume, ensommeillé :
« L'Anglais n'est pas la langue de l'avenir, mon fils ! Désormais, c'est le kabyle qui va devenir la première langue du monde (…) Le monde entier parlera Kabyle ! Même la reine d'Angleterre aura un chapeau kabyle… »

Merveilleusement écrit, ce livre, émouvant de bout en bout, Daniel ne l'a pas rédigé avec sa plume, mais avec sa voix et son cœur. Sa verve célèbre y est imprimée. Tout au long des pages, les mots raisonnent, les confidences murmurent ; des secrets s'ouvrent, des vérités éclosent dans un « flot » de liens, les liens du sang…

Il avait plus de quarante ans, quand sous l'exhortation d'un ami, Denis Forestier décide de chercher après son véritable père. La chose n'est pas aisée, d'autant que sa mère a toujours observé sur la question un silence absolu… Comme si le passé – qu'elle refusait – n'a jamais existé.

Mais Denis, alias Daniel, ne se décourage pas. Sa détermination et les coups de pouce du hasard finissent par lui ouvrir les portes de ce passé mystérieux. Sa quête identitaire s'avère fructueuse. Par bribes, par pièces, il reconstruit le puzzle familial séquestré par les mémoires fermées.

Peu à peu, à l'insu de sa mère, Louise, des langues se délient, l'édifient.
La cousine Emma est formelle : « Ton père est  algérien… » Marguerite, la mère d'un ami, est plus précise : « Ton père est algérien Kabyle… » La tante Marthe donne enfin le nom : « Tu t'appelles Aït-Salem… »
Non, son père ne les a pas abandonnés, lui et sa mère. C'est son oncle et sa grand-mère maternels qui s'étaient opposés au mariage de ses parents. Pour des raisons… raciales.
Qu'importe le passé ! Pour Denis, c'est l'avenir qui compte. Et l'avenir s'appelle « Aït-Salem ». Il lui faut découvrir les « siens », ceux de la race de son père, sa race.

L'annuaire téléphonique est plein des Aït-Salem. Mais la chance est au bout du fil.  Patiemment, mais persévérant, Denis lie des contacts avec la proche famille paternelle. Il se découvre même des demi-frère et sœur.

Da Youcef, un cousin à son père, Mohand, décide naturellement d'emmener Denis en Kabylie, à Taghzout, le village de son géniteur, mort, hélas, en 1954. Denis c'est le fils deMohand Aït-Salem. Et cela suffit pour qu'il soit l'un des leurs. Là-bas, on l'attend en tant que tel : on attend son retour au « bercail ». 

Denis est immergé dans le terreau kabyle, au point de se demander s'il n'y a pas toujours vécu : les atavismes ancestraux sont tellement présents dans sa manière d'être, et des termes kabyles lui collent naturellement… à la langue. 

Fasciné par la montagne de Djurdjura, adopté par Taghzout, Denis ne s'est jamais senti aussi heureux et libre que sur le sol de sa Kabylie, cette terre des hommes libres.

Le pont de la révolte, au-delà de l'histoire bouleversante d'un homme, Daniel Prévost, en quête de ses racines, ce sont les valeurs profondément humaines de la société kabyle, avec sa langue et sa culture millénaires que l'auteur étale, avec fierté, au regard du monde entier.  

Pour s'en convaincre, il suffit simplement de lire l'ouvrage !

Ahcène Bélarbi

Le pont de la révolte, de Daniel Prévost
aux éditions Folio, Paris, octobre 1997.

source : kabyle.com

mardi 24 mars 2009, a 17:16
Le CMA rejette les élections algériennes et appelle les Amazighs à prendre leur destin en main
 

Dans un communiqué publié à l'occasion de l'ouverture de la campagne officielle pour les élections présidentielles du 9 avril prochain en Algérie, le CMA affirme que " en principe, à chaque fois que le peuple est invité à participer à des élections, c'est la démocratie qui s'exprime. Mais dans la réalité, cela n'est vrai que lorsque les candidatures peuvent se manifester librement et sans entraves, lorsque les campagnes électorales sont équitables, lorsque l'administration est neutre et lorsque les scrutins sont libres et transparents ". Or en Algérie, " aucune de ces conditions n'est réunie " précise le CMA.

Selon l'ONG amazighe présidée par Belkacem Lounes, " le 9 avril prochain, il n'y aura donc pas de scrutin, mais une formalité électorale tout juste destinée à donner des apparences de normalité dans ce pays. Pendant ce temps, le peuple subit un régime dictatorial qui s'approprie les richesses du pays et qui gouverne par la force, la terreur et la corruption ".

Pour le CMA, les jeux sont faits et Bouteflika, l'actuel chef de l'Etat, sera reconduit dans ses fonctions car il est le candidat du " système ". Celui-ci n'a pas hésité à modifier la Constitution dans le but de le maintenir au pouvoir à vie comme l'ont fait d'autres chefs d'Etats arabes : Ben Ali en Tunisie, Kadhafi en Libye, Moubarak en Egypte, Assad en Syrie, etc.

" Voter dans ce contexte, c'est cautionner ce pouvoir et ses fondements anti-démocratiques. Au contraire, rejeter cette "élection", c'est faire acte de patriotisme, c'est opter pour l'état de droit et exprimer haut et fort notre refus de ce système totalitaire ", estime le CMA.

Le CMA dénonce en des termes acerbes " le génocide culturel contre le peuple amazigh " en précisant que " les Amazighs d'Algérie et les Kabyles en particulier, sont les premières victimes de ce pouvoir car ils ne cessent de dénoncer ses injustices, son mépris, ses violences meurtrières et ses violations des droits humains. Les assassinats de Lounes Matoub en 1998 et des 126 personnes tuées par les gendarmes au printemps 2001 en Kabylie, sont toujours couverts par l'impunité, le chef de l'Etat répète à l'envie que "jamais Tamazight ne sera langue officielle" et le gouvernement arabonationaliste poursuit avec force et obstination sa stratégie d'anéantissement de l'identité amazighe au profit de l'arabo-islamisme".

Mais pour le CMA, les Amazighs ne doivent pas se contenter seulement de boycotter ou de rejeter les élections, ce qui est considéré comme une forme de résistance passive. "Après près d'un demi-siècle de mise à l'écart et d'oppression, ils doivent, après un débat large et serein, s'offrir de nouvelles alternatives, dans le cadre du droit des peuples de disposer d'eux-mêmes, conformément au droit international". Le CMA prend ensuite l'exemple de la Déclaration des Nations Unies pour les droits des peuples autochtones pour appeler tout simplement les Amazighs à s'autodéterminer. Pour convaincre, il citera les articles 4 et 5 de la dite Déclaration qui stipulent respectivement que "les peuples autochtones, dans l'exercice de leur droit à l'autodétermination, ont le droit d'être autonomes et de s'administrer eux-mêmes pour tout ce qui touche à leurs affaires intérieures et locales, ainsi que de disposer des moyens de financer leurs activités autonomes" (art.4), et "les peuples autochtones ont le droit de maintenir et de renforcer leurs institutions politiques, juridiques, économiques, sociales et culturelles distinctes" (art.5).

" Face à un pouvoir arrogant et fermé au dialogue sincère et constructif, les Amazighs n'ont pas d'autre choix que celui de s'affirmer et de revendiquer fermement leur droit fondamental à l'existence en tant que peuple à part entière. Leur survie en dépend ", estime le Congrès Mondial Amazigh.

Voir le communiqué dans son intégralité sur :
www.congres-mondial-amazigh.org

Myzwar, Kabyle.com

mercredi 14 janvier 2009, a 09:20
Marche du MAK à Tizi-Ouzou : Quatres milles étudiants dans la rue.
 

A l'occasion de Yennayer 2959, le MAK a organisé une marche à Tizi-Ouzou pour revendiquer l'autonomie de la Kabylie. Malgré les intempéries, il pleuvait des cordes, la désinformation et la censure, la marche a été grandiose

La marche organisée par les sections universitaires du MAK (Mouvement Pour l'Autonomie de la Kabylie) de l'UMMTO (Université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou a été l'acte fondateur de la réconciliation d'un peuple avec son histoire, ses traditions, sa culture, sa langue et ses aspirations.

La marche organisée par les sections universitaires du MAK s'est ébranlée à 10.30 depuis le portail de Ihesnawen (Portail de l'Université) pour se terminer devant le siège de la mairie de Tizi Ouzou.

Le point de départ qui est l'Université Mouloud Mammeri est un hommage à tous les devanciers issus de cette même enceinte qui ont mené un combat, montré la voie et consenti de lourds sacrifices pour les libertés démocratiques qui ont délivré de la peur le peuple algérien dans son ensemble.

La perspicacité des organisateurs de cette magnifique manifestation ont eu aussi l'intelligence de désigner l'esplanade de la mairie comme étant la destination finale de la marche. Et pour cause : en elle-même, la mairie symbolise l'endroit où doit s'exercer la volonté populaire exprimée par les suffrages et où doit se traduire dans les faits le pouvoir civil des citoyens.

La marche qui n'a pas été encadrée par la police, omniprésente du début à la fin, n'a souffert d'aucun incident. A 3 reprises, des ambulances en charge d'évacuation de citoyens extérieurs (vraies ou supposées urgences) ont été remarquablement canalisées et emmenées à bon port par les organisateurs. La fluidité de la circulation, malgré les aléas, a été une preuve de maturité et d'un sens d'organisation remarquables de la part des organisateurs.

La marche à laquelle ont appelé les sections du MAK de l'Université qui a rassemblé selon ses organisateurs près de 4.000 étudiantes et étudiants était belle à voir.

Malgré le froid et les intempéries qui ont provoqué comme de coutume des isolements et des abandons programmés par le pouvoir de toute la périphérie kabyle, elles étaient et ils étaient là, stoïques, déterminés et graves en ce jour anniversaire d'une résurrection d'un patrimoine culturel qui inaugure par lui-même la renaissance d'un peuple qui refuse la soumission, l'asservissement et qui aspire à maîtriser son être et son devenir.

À noter qu'à cette occasion et pour la première fois, les élèves du primaire et secondaire ont bénéficié de la journée libre. De même que certaines municipalités ont décidé de fermer leurs portes et libérer leurs travailleurs. Prélude à une autonomie de décision.

« Timanit i Tmurt », « Pouvoir assassin » ont été les slogans récurrents de cette formidable prise de conscience d'un peuple qui a décidé de s'autodéterminer en se réappropriant Yennayer, comme première étape du recouvrement de sa pleine souveraineté dans la maîtrise de son destin.

M. Loukad

Secrétaire national du MAK

à la culture et au Patrimoine

Source: ADN

jeudi 11 décembre 2008, a 23:38
Quels droits pour le peuple amazigh ?
 

Ce 10 décembre 2008, date du 60° anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'Homme, les citoyens et les peuples du monde célèbrent diversement cet événement. Globalement, les uns, ceux du nord de la planète font le point sur leurs acquis politiques, sociaux, culturels et leurs libertés tandis que les autres, ceux du sud, se penchent sur leurs plaies, leurs douleurs et leur désespoir face au déni de leurs droits même les plus élémentaires. Il en est ainsi du peuple amazigh, quel que soit le pays où il vit. A lire, la déclaration du CMA.

Au Maroc, des étudiants amazighs de l'université de Meknes et de Imteghren (Errachidia), croupissent de manière injuste dans les geôles du Makhzen marocain, le Parti Démocratique Amazigh du Maroc (PDAM) a été interdit à la demande du gouvernement, des militants associatifs comme Abdelaziz El-Wazani, sont toujours harcelés par la justice et même les prénoms amazighs sont frappés d'interdits. Cela prouve une fois de plus que malgré les discours lénifiants, le gouvernement marocain continue de pratiquer une véritable politique d'apartheid à l'encontre des Amazighs. 

En Algérie, grâce à des lois scélérates et des pratiques autoritaires, le gouvernement assure l'impunité des auteurs et des responsables des crimes commis durant le printemps noir 2001 en Kabylie (125 tués et 5000 blessés). De même, il n'hésite pas à fouler aux pieds les libertés fondamentales et les principes démocratiques comme ce fut le cas récemment lorsqu'il a interdit le congrès du CMA en Kabylie ou lorsqu'il a procédé au «bricolage» de la Constitution en vue d'enlever au peuple les dernières miettes de souveraineté. Manifestement, ce pouvoir mène une politique haineuse et raciste envers les Amazighs d'Algérie en général et des Kabyles en particulier, dans le but de les réduire au silence et à la soumission. Pour cela, le pouvoir algérien use de violence, de corruption et de paupérisation de la population. Les abus de pouvoir et l'absence de l'état de droit dans ce pays poussent régulièrement les citoyens à la révolte. 

Dans l'archipel des Canaries, le peuple autochtone canarien continue de subir les conséquences de la colonisation espagnole qui le privent de ses ressources naturelles et de ses droits politiques et identitaires. Comme les autres peuples d'Afrique, les Canariens ont le droit d'exercer leur droit à l'autodétermination. Le CMA appuie fortement cette légitime revendication et la relaiera naturellement au niveau international. 

En Libye, berceau de l'amazighité, le pouvoir reste résolument panarabiste et continue de pratiquer une politique implacable d'exclusion de l'identité amazighe. La solution en Libye comme dans les autres pays de Tamazgha ne peut se trouver que dans la résistance et la dénonciation systématique des menaces, des intimidations et des atteintes aux droits des citoyens Amazighs. 

Il en est de même en Tunisie où les régimes panarabistes successifs ont presque totalement anéanti les Amazighs de ce pays. L'Etat policier tunisien qui interdit toute forme d'expression publique amazighe, doit être sévèrement combattu notamment par le droit international afin que les Amazighs tunisiens retrouvent au moins le droit à leur langue.

Dans leurs territoires ancestraux, les Touaregs sont spoliés de leurs ressources naturelles (pétrole, gaz, uranium, etc) et leur liberté de circulation est largement restreinte. De plus, les aléas climatiques aggravent de manière dramatique leurs conditions de vie. Avec des gouvernements qui les pourchassent et les répriment jusqu'à la mort, la survie même des Touaregs est terriblement menacée. Les armées malienne et nigérienne doivent être sévèrement condamnées pour les crimes qu'elles ont commis contre les populations civiles touarègues au cours des vingt dernières années et qu'elles continuent de commettre aujourd'hui particulièrement au Niger. Le non respect par les gouvernements malien et nigérien des accords signés avec les représentants Touaregs depuis le début des années 1990 demeure la source principale de tous les conflits. Par ailleurs, en soutenant sans conditions les gouvernements nigérien et malien, l'Etat français prend clairement position en faveur de la loi du plus fort. Cette attitude contraire aux valeurs et aux droits humains est certainement le résultat de marchandages économiques entre les Etats et en particulier celui qui permet à la société française Areva d'exploiter les gisements d'uranium qui se trouvent dans les territoires touaregs dans le nord du Niger. Areva ne laisse aux populations locales que la pollution radioactive qui nuit gravement à la santé des personnes et des animaux et à leur environnement vital (notamment l'eau et les pâturages). Cette situation très inquiétante, nécessite plus que jamais une solidarité internationale avec le peuple touareg. 

En Europe, où vivent de fortes communautés amazighes, la plupart des Etats poursuivent les mêmes politiques d'araboislamisation mises en œuvre dans les pays d'origine. Cela est contraire aux besoins et aux intérêts de ces populations et peut constituer à terme un facteur d'instabilité sociale. Afin de faire valoir leurs droits, il appartient aux citoyens Amazighs européens de s'organiser et de se mobiliser pour rendre plus visible leur identité culturelle. 

D'une manière générale le Congrès Mondial Amazigh (CMA) appelle la communauté internationale et toutes les organisations de défense des droits humains à : 

- Réaffirmer et défendre le caractère universel des droits humains,
- Exiger des Etats le respect et la mise en œuvre de leurs obligations et leurs engagements internationaux en matière de droits humains,
- Refuser que le respect des droits humains et des libertés fondamentales soit soumis au chantage économique,
- Prendre toutes mesures utiles visant à lutter plus efficacement contre l'impunité dont jouissent les auteurs de graves atteintes aux droits humains tels qu'ils sont mentionnés dans la Déclaration universelle des droits de l'Homme et les autres textes internationaux et régionaux.

Paris, 9 décembre 2008

P/le CMA

Le Président

B. Lounes
 

CMA

BP 124

108, rue Damremont

75018 Paris

www.congres-mondial-amazigh.org

congres.mondial.amazigh@wanadoo.fr

Source: kabyle.com

mardi 02 décembre 2008, a 15:20
le valeureux Imach Amar
 


 

Histoire /amezruy                    
                    
Imac Aεmer
Amaray Amatu (secrétaire général) n Yetri Agafa n Tferka (Etoile Nord-Africaine)              

« La vérité seule est constructive,
Ne laissez pas dénigrer ce qui est bien, car s'il est une chose
Qu'un peuple ne doit pas laisser déformer, tenir, ou voler ?
C'est son histoire »

                                                                                     
L'auteur de ces phrases est le valeureux Imache Amar qui est incontestablement l'un des plus grand dirigeant du mouvement national algérien;

Né le 07 juillet 1895 à Ait Mesbah, commune de Ath Douala, Imache Amar, est issu d'une famille de paysans dépourvue de biens matériels, mais néanmoins riche de valeurs, honneurs et dignité. Un diplôme d'instituteur dans la poche, il quitta sa famille très jeune pour commencer à la recherche d'un travail. Néanmoins à l'instar de ses compatriotes il ne put trouver de l'embauche que dans des pleines de la Mitidja, les mines de (le Metlaoui) ; il travailla à la première guerre mondiale comme ouvrier spécialisé au Pas de Calais. Sa faveur patriotique et son dévouement pour la cause Nationale, lui ont ouvert les portes du comité central de l'toile nord africaine(ENA). Ou il  s'imposera comme secrétaire général n 1933 ; remarqué pour son activisme au sein de l'ENA, il fut arrêté et condamné en 1934 par les autorités coloniales à 6 mois de prison et une amende de 2000 francs. En 1935, Amar Imache, devient la deuxième personnalité de l'ENA, après Messali Hadj, (………..)

Il quitta la France en 1947, avant son départ il écrira une lettre d'adieu au algériens vivant en France ; alors secrétaire général de l'ENA, il rejoint les rangs de l'UDMA.

Paralysé, vivant en retraite dans son village natal, IMACHE AMAR n'a pas cessé de prodiguer des conseils pendant la guerre de libération, sur la conduite lutte. Il décède le 07 février 1960 sans avoir vue l'Algérie indépendantes. Mais il était écrit que l'exemple de son courage et son abnégation ne soit pas vain puisqu'il a permis aux autres d'achever l'entreprise sacrée de la liberté du pays.

Il a également laissé des œuvres sous forme de brochures :
-L'Algérie au carrefour
-L'angoisse de l'Afrique
-Le cyclone sur le monde
-Le procès de mes aïeux
                                     
Tameddurt-is s tutlayt n tmaziγt

Deg yiwet n taddart, isem-is At Mesbah n tγiwant n At Dwala, ass 07 di yulyu deg useggas n 1895, i d-ilul yiwen n llufan semman-as Aεmer  Imac. Tawacult-is d tin i ixeddmen tafellaht si zik, am twacuin merra n tmurt n leqbayel.

Aεmer , yekcem  γer uγerbaz, asmi yesεa tam (8) iseggasen di lεemer-is, aγerbaz i d-yusan deg taddart n tgemmunt ukerruc. Yeffe-d seg-s deg useggas 1908. d yiwen i izemren, sin iseggasen kan mi d-yefeγ yebda leqdic deg useggas 1910 armi qrib ad d-yawwed ttrad agralan amezwaru n 1914, yekker yunag er fransa.

Yufa-d dinna lxedma, deg yiwet n thanut. Aεmer yessen axeddim-is akken iwata. Ur yelli ara d arib yeqqimen deg yiwen n wemkan, xas ulama ixus din kra n ttawilat, yessen ad iγer, am wakken daγen yessen ad yaru akken iwata tafransist. Armi d aseggas n 1926 i d-yufa amekan i t-iεejben. Sutren-as ad tessalin d aqerru n yixeddmen.

Xas ulama deg wuttun wis εecra n weγmis El Umma n waggur n yebrir 1933, i d-iban i tikkelt tamezwarut yisem n aεmer Imac d amyaru aγell (rédacteur en chef) Aεmer yEttaru si zik macca  s yisem nniden. Yeqqim deg weγmis El Umma armi d aseggas  1937, d aγmis i s-yerran azal, i s-yefkan udem ama  di tmurt ama di berra.
 
 Tam n yiseggasen n lxedma armi d aseggas 1933, anida d-yufrar deg wegraw n  28 mayu 1933 d amaray amatu (s-général) n yetri agafa n tferka (étoile nord africaine). D aγelnazri  γef Lezzayer Tazzayrit, di tmurt n yeεdawen, i lmend n umennuγ-is s tuffra, yettwattef  γer lhebs ass n 05 di unbir 1934, yerna ixelles 200 (franks)     n lextiyya. Mi i iεedda di ccreε ttren-t, tiririt-is tella-d akka « nefrah atas atas, mi d-tewwed tegnit am tagi, i tikkelt tamezwarut, i tikkelt tamezwarut, 101 iseggasen ayagi, ad nεegged lmehna nneγ zdat n teγdemt tafransist, ad teslem awal nneγ s yimeγnasen n ugafa n tfarka ». Seddis (6) n wagguren i yeqqim,  yeffeγ-d deg waggur n mayu 1935.

Ur yuγal ara γer wemkan-is n lxedma, sebba γef umennuγ aserti, yelha d yetri(ENA). D bab n tidet, yessawad awal-is. Degmi i d-yufrar deg useggas 1935 Γer tama n uselway n Yetri (ENA) Messali Hadj. Ma d aselaway amezwaru, seg useggas 1924 ar 1926, isem-is Djeffal muhamed i ilullen deg useggas  1885 di taddart  Ait Hag n tγiwant Irjen.  
 
Seg wasmi i iruh, Messali γer umdakkel-is Cekkib Arslan γer Genève, deg waggur n unbir 1935 ar yunyu 1936, d Imac, Yahyawi, Nwira d Radjef i iheddren s yisem ukabar n yetri, armi d-yuγal Messali di tallit n tirni aγerfan « Front Populaire ». yessawed lhal sin imddukkal-a, i tikkelt tamezwarut, ur msefhamen ara, anwa i d abri ad awin deg unebdu 1936, ay-a sebba-ines d tamuγli ukabar γef lεesker agraγlan (brigades internationales), anida Aεmer Imac yugi ad yili γer tama n lehkem n tirni aγerfan n Spanyul, acku aneggaru-ya yugi ad yeqbel tamunent i wid yellan seddaw n laεnaya-ines « Rrif ». tugin agi n uttekki n  yetri « ENA » ur yelli wemsefhem d ukabar azduklan arumi(PCF) di tallit n tirni aγerfan. 

Imac ur yessusum ara, yezga yeqqar-d ayen i t-iceγben di lweqt anida tamuγli n ukbar azdukklan arumi γef Blum Violet ur telhi ara. Deg tiririt n Aεmer Imac i wid yellan deg-s : « ttfen amkan n yir rrasa, ay imddukal n yeεdawen » ma d tamuγli –ines γef Blum yenna : « ur yelli d ayen yelhan, d akellex kan fell-aγ »
                                                                                                   
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Ad ikemmel

Paris, ass 28 / 11/ 2008
Mohamed Gaya
Kabyle.com

jeudi 27 novembre 2008, a 19:09
Un proverbe berbère pour la campagne de solidarité "Vague d'Afrique"
 

Québec-Tafarka

"Si tu as de nombreuses richesses, DONNE TON BIEN;  si tu possèdes peu, DONNE TON COEUR" (Proverbe Berbère).

C'est avec ce beau proverbe  faisant honneur à notre culture imprimé sur les chandails de tous les bénévoles de  "Vague d'Afrique" (étudiants de l'UQAM) que TAFSUT - Chants et danses de Kabylie et les autres groupes participant ont été accueillis lors de la soirée "Bénéfice pour les enfants d'Afrique".

TAFSUT a entamé sa présentation par un chant berbère ( Urar lxalat)  rehaussé par la belle voix de Zahia accompagnée en chorale par tous les membres du groupe.

Plusieurs danses retraçant les us et coutumes kabyles ont suivis allant d'Idebbalen à Thala. 

La salle pleine à craquer pour cette noble cause a été séduite par les chants et danses Berbères ainsi que par les couleurs des costumes.

Bravo aux organisateurs pour la réussite de cette soirée.

tafsut.vip-blog.com/

source: kabyle.com

mardi 18 novembre 2008, a 11:57
Dernier entretien avec Malek Ouary
 

Dernier entretien avec Malek Ouary*

« Chez nous, la culture s'apparente à l'histoire de l'enfant endormi : on dit, en Kabylie, qu'un fœtus peut s'endormir au sein d'une femme, pendant des années, puis se réveiller et repartir. Ainsi va-t-il de notre culture : elle s'est endormie, à une période donnée, mais maintenant qu'elle est réveillée, elle reprend son essor avec toute sa vitalité originelle. » M.Ouary. Grandeur et modestie d'un écrivain émérite.

 

A l'instar de vos émissions radiophoniques et de vos écrits journalistiques, peut-on dire que Le grain dans la meule est aussi une œuvre documentaire ?

Malak Ouary : Absolument. Avec ce roman, j'ai entrepris la réalisation de mon objectif qui était de fixer, de façon pérenne, la culture dont je redécouvrais les valeurs profondes, occultées, en moi, par l'école française et mon immersion dans les cultures grecque et latine. D'ailleurs, pour que la critique ne trouve pas à inventer un quelconque « apport » de la civilisation française à l'histoire de ce roman, je l'ai situé intégralement dans la Kabylie pré-coloniale. Toute la trame de Le grain dans la meule repose sur un socle social authentiquement Kabyle.

En effet le roman est très enraciné. Quelle est, dans l'histoire, la part de la réalité et celle de la fiction ?

Je me suis inspiré d'un fait réel, qui s'est déroulé à Thirouel, un village de Bouakache, dans la région des Aït-Abbas. Cependant, dans Le grain dans la meule, l'histoire, je l'ai située ailleurs. Comme cadre spatial principal, j'ai pris mon village d'Ighil Ali, dont je connais parfaitement la structure. Puis, Tougourt, un coin de désert qui ne m'est nullement étranger pour y avoir effectué maints reportages. Bien entendu, sur ce plan, j'ai agi en tant que romancier : j'ai transposé des images, opéré des transfigurations à dessein… Mais tout ce travail de fiction ne sert qu'à canaliser l'événement authentique qui forme la trame du livre.

Quel a été l'impact du roman, à l'époque de sa parution, sur le champ socio-médiatique ?

La critique en a fait des éloges. J'ai été interviewé, ici, en France, à la T.V. La radio, quant à elle, elle a regroupé les meilleurs comédiens de la Comédie française et autres, pour réaliser une pièce en six épisodes, à partir de Le grain dans la meule. Pour ne pas être trahi dans l'adaptation, j'ai fait moi-même le travail. Cela a été un succès.

En Algérie aussi il y  a eu une adaptation cinématographique du roman…

Oui…J'en ai été informé par un ami qui m'a montré un compte rendu, qui a été fait par la presse, sur les débats concernant l'adaptation en question…

Est-ce à dire que le réalisateur, en l'occurrence, Mohammed Iftissen, ne vous en n'a pas parlé préalablement ?

C'est exactement ça. Mohammed Iftissen et son équipe se sont comportés envers moi comme des goujats. Ils m'ont trahi. L'adaptation cinématographique de Le grain dans la meule, sous le titre Les rameaux de feu, fut le pire des mépris que j'avais à essuyer dans ma vie d'écrivain. D'ailleurs, je n'ai jamais vu le film. Mais d'après la presse, ils ont réalisé le film comme bon leur a semblé, comme si le livre était leur propriété. Mohammed Iftissen et son équipe sont allés jusqu'à changer carrément la fin de l'histoire authentique, disant qu'ils la trouvaient « inadmissible », car, pour eux, ce type de vengeance « n'existait pas chez les Kabyles ». Ils déclarent, sans vergogne, que « Malek Ouary étant chrétien, il ne peut donner qu'une solution chrétienne à la fin de l'histoire ».  Evidemment, l'issue de l'histoire du roman est fondamentalement d'inspiration Kabyle.

Profondément offensé, j'ai écrit personnellement à Iftissen. Il est certain que ne je prétends nullement remettre en cause son travail, en tant que réalisateur. Mais, étant donné que l'œuvre en question m'appartient, il est légitime que je sois informé du projet, et normal que j'en fasse des suggestions en mettant, surtout, des barrières là où il ne faut rien toucher.

Dans Poèmes et chants berbères de Kabylie, vous mettez, manifestement, au jour, certains traits de la vie sociale, révélée dans Le grain dans la meule.

Parfaitement. Par ces deux modes d'expression : poésie et chant, j'ai voulu montrer les qualités littéraires de la langue berbère, et, du même coup, illustrer la mentalité et l'attitude des gens de Kabylie devant les événements majeurs de la vie, tels : la naissance, la mort, l'émigration, la séparation etc.

Paul Emile Gautier disait : « Les Berbères sont les derniers barbares blancs. » Et moi je lui étale une civilisation millénaire, bien vivante, qu'il ignore, ou feint d'ignorer pour ne valoriser que la civilisation française.

Vous même vous êtes pétri de la culture française et donc de cette civilisation que vous vivez naturellement à travers la pensée, l'écrit… Quel est l'impact de la francophonie sur l'écrivain berbère que vous êtes ?

Certes, la culture française est l'une des plus vastes et des plus riches au mondes. Mais ce n'est pas la mienne. Evidemment, l'avoir acquise n'a rien de déshonorant. Au contraire ! Puisque, au-delà de l'instruction que j'ai pu avoir par son truchement, elle m'a permis d'ouvrir les yeux sur mon Histoire, ma culture et ma langue propres. Contrairement à ce que préconisait le colonialisme français qui ne nous imprégnait que de sa langue et de sa culture, nous ne sommes pas déracinés. Personnellement, ma berbérité ne s'est jamais endormie en moi. La preuve, à mon âge, je travaille encore régulièrement à la traduction berbère des Poèmes et chants de Kabylie, qui seront réédités par Bouchène, ici, à Paris. Tous les matins, je suis à ma table de travail de neuf heures jusqu'à midi et demie.

Concernant vos deux autres romans : La montagne aux chacals et la robe kabyle de Baya, ne sont-ils pas quelque peu autobiographiques ?

Ah, j'attendais cette question ! En effet, beaucoup, de ceux qui les ont lus, pensent comme vous. Mais je peux vous assurer, que si ces deux ouvrages sont inspirés des réalités vécues, ils n'ont aucun lien avec ma vie personnelle.

Il y a quelques mois, j'ai reçu une lettre d'un ancien pied noir de Marseille, qui était instituteur en Algérie. Ayant fait la deuxième Guerre mondiale, en tant qu'officier, il a cru reconnaître son itinéraire militaire dans mon livre, et en moi ( il m'a assimilé au narrateur du récit), un des ses compagnon de combat. Ce qui est, évidemment, tout à fait faux. Car si j'étais moi-même aussi mobilisé, je n'ai pas du tout fait l'itinéraire dont il me parlait. C'est dire combien je suis étranger aux trames de mes romans.

Vous qui êtes de la même génération que Féraoun, Mammeri, Dib, les Amrouche, quelles étaient vos relations avec eux, ou certains d'entre eux ?

J'ai toujours eu d'excellents rapports avec eux. Concernant Féraoun, quand j'ai découvert son livre, Le fils du pauvre, à la bibliothèque du Gouverneur général d'Alger, je me suis dit : voilà encore un misérabiliste qui va pleurnicher sur son sort à longueur de pages. Mais le livre en question a eu le Prix de la ville d'Alger. Et sa lecture, loin de me livrer un lamento, elle m'a révélé une œuvre autobiographique, sincère, d'un écrivain talentueux, plein d'humilité et de courage.

Un jour que radio-Alger  m'a envoyé à Tizi-Ouzou pour un reportage sur l'artisanat, je n'ai pas hésité à aller le voir à Taourirt Moussa Ouamer, où il était instituteur. On ne se connaissait pas, bien sûr. Il m'a accueilli avec sa générosité légendaire, autour d'un couscous.

Pour ce premier contact, on ne s'est pas dit grand chose. Mais l'ayant revu à Alger, au cours d'une réunion d'instituteurs, j'ai pu l'interviewer en lui consacrant toute une émission à la radio.

Quel regard portez-vous sur la lutte pour la reconnaissance officielle de la langue et culture berbères en Algérie ?

Un canadien disait : « La langue est l'A.D.N. des peuples. » Et moi je dirai : cette lutte est noble et légitime. Je ne vois pas pourquoi on sacrifierait une langue, la langue berbère, qui est l'une des plus ancienne au monde, qui a résisté à toutes les invasions qu'a connu l'Afrique du nord et qui continue à résister, avec la même vigueur, à toute les attaques dont elle est l'objet, en Algérie. Je ne comprends vraiment pas cet acharnement des cercles décideurs à vouloir renier, voire, faire disparaître un patrimoine bien vivant et plus que jamais enraciné. C'est une aberration sans nom. D'autant qu'il ne s'agit aucunement d'opposer cette culture et cette langue à quoi que ce soit. Il s'agit simplement de leur assurer, constitutionnellement, un avenir en tant que culture et langue nationales aux côtés des autres éléments constitutifs de la personnalité algérienne.

Concernant la réhabilitation et la promotion de la langue et culture berbères, comment appréciez-vous le travail des intellectuels berbérisants ?

Je ne peux qu'y souscrire. Ils font un travail d'une importance capitale, dans la mesure où ils doivent élaborer des manuels scolaires, des méthodes et des outils didactiques, concevoir  une littérature performante, une documentation  multidisciplinaire… enfin, mettre en lumière toute une culture et un savoir qui demandent de vastes et longues recherches. Il est clair que dans ce sens des pas appréciables sont faits, et je ne peux que féliciter l'ensemble des auteurs. Pour ma part, j'essaie d'y contribuer, autant que faire se peut,  par des traductions en berbère d'un pan de notre patrimoine que j'ai fixé déjà en français. 

Lisez-vous des auteurs algériens actuels ?

Il est évident que quand je n'écris pas, je lis. Mais c'est surtout des ouvrages d'Histoire ou des documents ayant trait au domaine berbère. Cependant, je lis très peu : étant donné mon âge, je consacre quasiment tout mon temps à la mise au point de mes écrits, car j'estime que j'ai beaucoup à laisser.

On vous laisse conclure…

La langue berbère constitue le réceptacle de toute une culture, de toute une tradition, de toute une façon de vivre et de penser. J'y suis très attaché, sans pour autant être contre que l'on s'instruise dans d'autres langues : plus on connaît de langues, plus on s'ouvre sur d'autres cultures, ce qui nous enrichit. Mais de-là à vouloir nier ou détruire la langue berbère, je suis radicalement opposé.

A ce propos, je rejoins Mohammed Dib qui me confia un jour : « Si l'Algérie veut se réconcilier avec elle-même, il faut qu'elle reconnaisse son identité berbère. »               
         

Ahcène Bélarbi et Ali Guenoun
                                                                          

*Entretien réalisé à Paris, au mois d'avril 2001
SOURCE:kabyle.com

jeudi 13 novembre 2008, a 21:08
Malek Ouary oublié à cause de sa chrétienté
 

Malek Ouary : Une œuvre à lire, une légende à raconter

 

A l'instar de Mourad Bourboune, ou de Norddine Aba, Malek Ouary est l'un des écrivains kabyles qui a produit une œuvre majeure, mais qui est peu lue de ses compatriotes : ses livres ne sont ni édités, ni réédités en Algérie, et ses écrits sont absents des programmes scolaires.
Frappé d'anathème par le pouvoir algérien, à cause de sa chrétienté, il n'en demeure pas moins qu'il reste un écrivain enraciné, nourrit de sa culture ancestrale qu'il a divulguée aussi bien à travers des ondes radiophoniques, que dans ses différents écrits : journalistiques et littéraires.


Il avait encore beaucoup à apporter et à donner à la littérature algérienne d'expression française, autant qu'à la langue berbère elle-même. A titre d'exemple, ses Poèmes et chants de Kabylie, écrits initialement en français, il les a réécrits, en berbère, quelques années avant sa mort, pour le compte des éditions Bouchène, à Paris.
Oui, il avait beaucoup encore à dire, à écrire, le grand Ouary !
 
Avait-il le temps de lire ce que produisent les jeunes écrivains algériens ?
Ecoutons-le : «Il est évident que quand je n'écris pas, je lis. Mais c'est surtout des ouvrages d'histoire ou des documents ayant trait au domaine berbère. Etant donné mon âge, je consacre quasiment tout mon temps à la mise au point de mes écrits, car j'estime que j'ai beaucoup à laisser…»
Ces propos, quelque peu, prémonitoires, étaient des éléments de réponse à la question sus-évoquée, lors de l'interview qu'il nous a accordée en avril 2001, pour le compte du journal  Izuran.
 
Propos «prémonitoires», car, sans le savoir, le temps pressait vraiment pour le grand homme. Dans le seul courrier que nous avions échangé, après la publication de son interview, il avait émis le vœu de nous revoir : « Lors de mon prochain passage à Paris, écrit-il, je vous ferai signe en vue d'une rencontre pour mieux faire connaissance.» Hélas, la vie en avait décidé autrement. Il décéda, subitement, quelques mois après, en décembre de la même année. Il était clair que, ayant trouvé quelque part en nous un lien, sinon, « une voix » pour communiquer avec son pays et son peuple, il était heureux de faire connaître son attachement viscérale à sa terre matrice, par le travail acharné qu'il avait consacré, tout au long de sa vie, à sauver de l'oubli bien des pans de la culture de ses père ; d'abord par le biais de la radio, lors des émissions qu'il animait sur « le folklore kabyle », dans les années 40, puis de l'écriture.
Les études secondaires, du grec et du latin ( appelées à l'époque, les humanités), et, plus tard, les études supérieures de littérature et de philosophie, qu'il avait menées avec brio, si elles avaient permis à l'écrivain une profonde connaissance des cultures en rapport, par contre, elles n'ont jamais influé sur son orientation littéraire : son terreau culturel reste exclusivement, du moins, foncièrement l'univers berbère. Son but, nous confiera-t-il, était de «  montrer qu'on avait une culture valable, qu'il faut récupérer, conserver et développer.»
 
Malek Ouary s'en nourrit. Il s'en nourrit et « sème », à son tour, les graines qui contribueront à donner de meilleures récoltes pour les générations à venir. Ainsi, la culture berbère se renouvellera sans cesse, fructifiée et sans dégénérer, avec une vigueur à même de permettre son adaptation aux besoins d'expressions modernes. C'est là, du moins, ce que nous croyons saisir du sens que le grand écrivain donnait au travail d'intériorisation et d'écriture, auquel il s'était profondément attelé, sa vie durant.
Dans ses romans, son besoin de fixer et de sensibiliser le lecteur non berbérophone à la vigueur expressive du berbère, allait jusqu'à émailler ses textes de plusieurs termes de cette langue. Dans Le grain dans la meule, cette « intrusion lexicale » est doublée d'un aspect didactique qui contourne, merveilleusement, les usages de la syntaxe française, au profit d'une tournure originale kabyle, rendue dans la langue de Molière. L'exemple le plus édifiant est révélé dans cette expression : « Ohé, père, te dit l'oncle Brirouche, viens maintenant, maintenant ! » Quant aux titres de ses trois romans : Le grain dans la meule, La montagne aux chacals et La robe kabyle de Baya, la combinaison de leurs éléments linguistiques ne souffre d'aucune équivoque quant à l'univers kabyle auquel ils réfèrent, et qu'ils mettent en relief.
 
Notre prétention, ici, n'est pas - et c'est une évidence - de prétendre cerner l'écrivain et son œuvre en si peu de mots, mais juste marquer, par une évocation, même sommaire, la grandeur et la modestie de l'écrivain disparu.
 
Malek Ouary est un monument littéraire. On en parle souvent comme d'une légende, mais rarement de sa plume. Le devoir des spécialistes ne serait-il pas de mettre au grand jour, par des études appropriées, l'homme et son oeuvre, afin de faire connaître, dans son pays, l'une des figures dominantes de nos hommes de lettres, et par là même inciter les gens à sa lecture?       
 

Ahcène Bélarbi

Malek Ouary est né le 27 janvier 1916 à Ighil Ali, en Kabylie, dans le massif des Bibans dans la wilaya de Bgayet. Il s'installa en France en 1958 où il a travaillé en tant que journaliste à l'ORTF. Par la suite, il travaille comme journaliste à Radio-Alger. Malek Ouary est décédé le 21 décembre 2001 à l'âge de 85 ans à Argelès-Gazost.

source: kabyle.com

mercredi 12 novembre 2008, a 18:46
Les Imazighen d'Amérique honorés par l'ONU
 

Columbus (Ohio)

Le Festival du Film International de Columbus a 52 ans d'histoire. Il se consacre aux questions sociales, à l'éducation, et à l'humanité. Anciennement connu sous le nom du Festival des Nations Unies, il est considéré comme l'un des événements les plus importants en terme de sensibilisation des activités de l'ONU aux Etats-Unis.

Chaque week-end de novembre la ville de Columbus dans l'Ohio, abrite entre 175 et 200 stands qui représentent près de 75 cultures différentes.

Les Berbères (Imazighen) d'Amérique par le biais de Radio Numydia http://www.radionumydia.com participent en 2008 à cette grande exhibition.

Pour la remarquable qualité culturelle de sa prestation, la communauté amazighe de l'Ohio (Columbus...), au nord-est des Etats-Unis s'est d'ailleurs vue décerné un grand prix d'honneur.

source: kabyle.com

lundi 10 novembre 2008, a 10:24
L'arabisation de la kabylie par la Ffrance coloniale
 



vendredi 07 novembre 2008, a 20:46
5e Congrès du CMA - Liberté, dignité, justice pour le peuple Amazigh
 

° congrès général du CMA

Meknes, Maroc, 31/10 au 2/11/2008

Le Congrès Mondial Amazigh (CMA) a tenu ses 5° assises internationales à Meknes du 31/10 au 2/11/2008, sous le thème «Liberté, dignité, justice pour le peuple Amazigh».

Le congrès a été ouvert à la salle des congrès de la Ville de Meknes, en présence d'un millier de personnes,  avec la participation de Mme Samia Slimane représentante du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l'Homme, M. Hassan Id Balkassm, membre de l'Instance Permanente des Nations Unies pour les droits des peuples autochtones, Mme Gema Xabarri, présidente de la Commission des droits de l'homme du Parlement Basque ainsi que six autres députés Basques, M. Inigo Iturrate Ibarra, représentant du gouvernement Basque, M. Daniel Peluffo, représentant de l'Agence Catalane de coopération pour le développement de la Generalitat de Catalunya, M. Gustave Alirol, Président de la Fédération de Régions et Peuples Solidaires, Mme Nicole Logeais, représentante de l'Union Démocratique Bretonne, Mme Pelpina Sahureka, responsable des relations extérieures du front Siwa-Lima, représentante du peuple Maluku en Indonésie, M. Ramon Sargatal, représentant de Convergencia Democratica de Catalunya, M. Davina Ferreira, de l'ONG CERAI (Espagne), M. Belaid Boudris au nom de la FIDH, M. Ferhat Mehenni, Président du Mouvement pour l'Autonomie de la Kabylie (MAK), M. Abdenour Abdesslam, linguiste et écrivain, M. Zaddou, Président du Comité des parents des détenus Amazighs et M. Said Berdahem, Président du comité de soutien aux détenus Amazighs. Ont également assisté à l'inauguration du 5° congrès, des membres fondateurs du CMA tels que M. Mohamed Mounib, M. Hassan Maouni,  M. Ouzzin Aherdan et de nombreuses personnalités du monde politique, syndical et associatif. Le congrès a également reçu de nombreux messages de soutien et de sympathie, notamment de la part du Parti Nationaliste Corse et de l'ONG  Avocats pour le Monde. 

Le congrès de Meknes a accueilli les délégations de congressistes venus de Libye, du Niger, du Mali, des Canaries, d'Algérie, du Maroc, d'Espagne (Catalogne, Pays Basque), de France, d'Italie, de Belgique, de Hollande, d'Allemagne et de Norvège.

Le congrès de Meknes a également été marqué par une forte présence de la presse écrite et audiovisuelle marocaine et internationale (Espagne, Algérie, France et pays arabes).

Après la séance inaugurale, les congressistes se sont réunis pour examiner le rapport moral des instances du CMA, présenté par le Président Belkacem Lounes et le rapport financier présenté par le trésorier, Abdellah Fandi. Après un large débat, les deux rapports ont été adoptés à une large majorité par l'assemblée générale du CMA. 

Le deuxième jour du congrès a été consacré aux travaux en commissions. Quatre commissions ont été retenues par les congressistes : Droits humains et relations internationales, Charte amazighe, organisation et finances et suivi de la Déclaration des Nations Unies pour les droits des peuples autochtones. Cette dernière a été animée par Mme Samia Slimane, Human Rights Officer au Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme, M. Hassan Id Belkassm, membre de l'Instance Permanante des Nations Unies pour les droits des peuples autochtones et Luis Rodriguez Pinero, professeur à l'université de Seville (Espagne). Les synthèses des travaux en commissions ont ensuite été présentées à l'assemblée plénière qui les a débattues avant de les adopter sous formes de recommandations. L'assemblée générale a également procédé à de menues modifications de quelques articles des statuts du CMA.  
 

Le troisième et dernier jour a été consacré aux élections des nouvelles instances du CMA : Conseil Fédéral et Bureau Mondial. Ainsi, les congressistes se sont réunisd par région et ont élu les membres du nouveau Conseil Fédéral qui se présente comme suit :

    * Algérie : Hocine Azem, Mehenna Boudinar, Ahmed Benkalem, Abdellah Brikh, Smail Deghoul, Mohand Ouamar Hachim, Rabah Issadi, Youcef Lekadir,  Mohamed Meziani,  Kamira Nait-Sid
    * Maroc : Mohamed Ajghough, Ahmed Ouass, Mohamed Bouchdoug, Mohamed Boutchkil, Fouad El-Omari, Chakib El-Khayari, Abdelaziz El-wazani, Zoubida Fdail, Tijani Saadani, Khalid Zerrari
    * Diaspora : Ahmed Ait-Bachir (France), Ahcene Bozetine (France), Abdellah Fandi (France), Kamel Saidi (France), Bouzid Sennane (France), Jedjiga Ouggad-Douillard (France), Belkacem Lounes (France), Said Essanoussi (Hollande), Mustapha Eloualiti Alcala (Espagne), Salwa Gharbi (Catalogne, Espagne)
    * Pays Touareg : Cheikna Ag Hamate, Kaocen Maiga, Cheik Ag Baye, Ahmed Ag Attayoub
    * Canaries: Jaime Saenz, Tomas Mora, Nasser Benseddik
    * Libye : Mhamed Ahmed Hamrani, Aissa Sijouk.

 

Les 39 membres du nouveau Conseil Fédéral se sont ensuite réunis pour élire le président du CMA. Le Conseil a élu à l'unanimité Belkacem LOUNES comme président du CMA pour un nouveau mandat de 3 ans. 

Conformément aux statuts du CMA, le Président a constitué le bureau mondial en désignant les membres suivants : 

    * Salwa Gharbi, vice-présidente pour la diaspora
    * Cheik Ag Baye, vice-président pour le Mali
    * Cheikna Ag Hamate, vice-président pour le Niger
    * Jaime Saenz, vice-président pour les Canaries
    * Khalid Zerrari, vice-président pour le Maroc
    * Hocine Azem, vice-président pour l'Algérie
    * Ahcene Bozetine, secrétaire général
    * Kamira Nait-Sid, secrétaire générale adjointe
    * Abdellah Fandi, Trésorier
    * Mohamed Bouchdoug, Trésorier-adjoint
    * Ahmed Ouass, Chargé de mission


 

Meknes, 2/11/2008

Le Président

Belkacem Lounes

source: kabyle.com

jeudi 06 novembre 2008, a 15:47
Le tamazight langue de quartier??
 

Imaginons un instant qu'une très agréée association des parents d'élèves décide d'appeler à une réunion pour décider de l'enseignement ou non de… l'arabe au niveau de l'établissement où sa progéniture est soumise au fondamental, devenu depuis peu général.

Inimaginable ! Faisons quand même l'effort d'imaginer ce cas de figure. Comme un seul homme, toutes les djemâiyates et toutes les mouhafadhas que compte le pays (y compris dans l'outre-mer) se soulèveront contre ce qu'elles s'empresseront de qualifier de haute trahison !  S'ensuivront  d'interminables pétitions de condamnation poussant les effrontés au bûcher ‘'unitiste''.   Mais tamazight a bon dos. S'attaquer à elle peut même engendrer des dividendes politiques, notamment quand une échéance politique  pointe du nez. On comprend...

Dès lors, l'excès de zèle  de cette association des parents d'élèves (du moins le signataire des convocations) qui se découvre des compétences psycholinguistiques pour décider à ce que l'enseignement de tamazight soit dispenser ou pas.

 Tamazight, cette langue mal aimée par ses propres locuteurs, en a vu de toutes les couleurs. Mais de cette nature, c'est une première. Une première qui, si l'on ne fait rien, fera boule de neige et finira par donner raison à l'Unesco qui retient tamazight parmi les langues qui risquent de disparaître.

Où sont donc passés tous ces politiques et non moins fervents défenseurs, pendant les joutes électorales, de " Tamazight di lakul " ? Ne sont-ils pas dans leur rôle en rappelant que tamazight est la langue mère de tous les algériens et qu'elle est consacrée et promulguée langue nationale ?

Où faut-il encore une fois que la rue intervienne dans ce faux débat décidé par une association perdue dans le temps et l'espace de la pédagogie pour décider que tamazight est une langue de quartier.

T.O.A

Journal: 
Dépêche de Kabylie

samedi 01 novembre 2008, a 10:51
L’Islamisation de L’Afrique du Nord (Tamazgha)
 

Pendant des siècles de présence étrangère, aucun occupant n'est parvenu à entamer le fond de la culture berbère, même si dans certains cas, on peut parler d'une certaine forme de romanisation et de christianisation. Celle-ci reste en fait limitée à certains groupes d'autochtones : Saint Augustin et Tertulien ne sont pas une preuve de l'assimilation. De même, l'emploi de la langue de l'occupant, comme le punique ou le latin, n'implique pas l'acquisition d'une culture. L'Afrique du Nord est restée berbère, “malgré les greffes” (Mohsen Toumi).

Un tel fiasco se justifie, semble-t-il, par la résistance des Berbères, dont les formes sont militaires, politiques et culturelles. En sera-t-il ainsi sous les Arabo-musulman ?

La conquête arabe

Au VII siècle les Arabes débordent de la péninsule arabique et se lancent, sabre à la main, à la conquête de “l'île du Maghreb” pour répandre le Coran et soumettre tous les peuples à la foi islamique. L'arrivée inopinée des arabes et leurs succès bouleversèrent le cours des choses tant pour le monde berbère que pour le populations chrétiennes et juives romanisées.

Mus par l'obligation de divulguer et répandre le contenu du Coran, les Arabo-musulmans inaugurent une longue période de conquête. Leur triomphe au Moyen-Orient et en Asie mineure les encourage à se diriger vers le Maghreb.

Première expédition

En 670, sur ordre de Amr, (gouverneur d'Egypte), Uqba arrive en Tunisie à la tête d'une armée de dix mille cavaliers.

Stratège averti, il choisit un plateau au centre de la Tunisie pour y fonder Kaïrouan (considérée par certains comme la quatrième ville sainte de l'Islam). Il continue ensuite sa marche vers le nord.

A un certain moment, Uqba est rappelé au Caire et remplacé par un autre chef qui mène une politique modérée, parvenant même à s'attacher certaines tribus berbères, avec à leur tête Kusayla.

Par la suite, Uqba rejoint à nouveau les troupes musulmanes en Afrique(682) pour achever la conquête de l'Ouest africain. Mais de retour à sa base, il rencontre la résistance de Kusayla, et meurt en 683.

Cette résistance berbère oblige donc les Arabo-musulmans à se retirer vers la Tripolitaine (Lybie).

Deuxième expédition

C'est au cours de cette seconde expédition que la Numidie orientale connut les premiers raids de l'armée arabe. Vers 666, les troupes abes, après leurs razzias à Djerba et Bizerte, déferlent sur Hippone.

Protégée par de solides remparts et défendue par les forces byzantines des chrétiens le siège de la citée fut de courte durée mais les Arabes ne la quittèrent qu'après l'avoir en partie incendiée.

Le chrétien Koceïla

La fondation de Kairouan, en 670, par Okba Ibn Nafî, marque définitivement l'installation des Arabes en Afrique. Les soldats de l'islam semblent invincibles. Mais les Byzantins puis les Berbères commandés par le chrétien Koceïla, leurs opposèrent une vive résistance, et leur infligèrent de sévères défaites.

De 681 à 682, Okba Ibn Nafî, de retour en Afrique entreprend la conquête de toute l'Afrique du Nord et au passage libère Kairouan précédemment occupée par Koceïla. Le prince chrétien berbère sera finalement battu et fait prisonnier aux environs de Tlemcen.

Okba Ibn Nafî reprend sa chevauché jusqu'au rivage de l'Atlantique, où faute de territoire à conquérir il lance son cheval dans les flots jusqu'au poitrail et termine son expédition en prononçant ces fameuses paroles : “Dieu de Mohamed, si je n'étais arrêté par les flots de cette mer, j'irais jusque dans les contrées les plus lointaines porter la gloire de ton nom, combattre pour ta religion et anéantir ceux qui ne croient pas en toi…”.

Vers 685, alors que Koceïla est parvenu à se libérer, Okba Ibn Nafî et son armée, de retour vers Kairouan, sont décimés par les forces du chef berbère près de Biskra. Les berbères chancellent mais ne sont pas encore battus. Quant aux byzantins chrétiens, ils semblent très éprouvés par les escarmouches des arabes. Le sort de la Numidie est alors sérieusement compromis.

L'heure parut donc favorable pour les indigènes juifs et païens de se débarrasser définitivement de la domination étrangère qui durait depuis plus de 7 siècles. Ils décident alors de prendre leur destin en main en s'opposant à l'occupation de ces nouveaux conquérants venus d'Orient.

Lors d'une deuxième attaque arabe en 686, le chef berbère chrétien Koceïla meurt à son tour et les Arabo-musulmans entrent de nouveau à Kaïrouan, qu'ils abandonnèrent de nouveau après une contre-offensive des troupes chrétiennes.

C'est l'arrivée dans la région du chef Ibn Numan qui ouvre la voie à l'achèvement de la conquête. Il reprend Kaïrouan en 691, s'élance à l'assaut de Carthage, et la conquiert en 692.

Néanmoins, avec l'aide des Byzantins, les tribus berbères du Nord s'organisent sous la direction de la Kahena , princesse et chef de tribus judaïsées dont le nom est maintenant l'emblème de la dignité berbère.

La Kahena Reine des Amazigh

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La Belle Reine gazelle

Son véritable nom reste inconnu. Elle s'appelait peut être Kahena, Kahya, Dihya, Dahya, ou Damya. En effet, son nom fait objet de nombreuses interprétations idéologiques, ainsi le surnom de Kahina, qui signifierait « sorcière », la décrit comme un personnage haïssable par certains historiens musulmans qui ne l'aimaient guère.

Mais le sens n'est probablement pas péjoratif, puisqu'à l'origine, ce terme dérive de l'hébreu “Cahen, Cohen” qui signifie prêtresse et du grec être pure. De même le surnom Damya, signifie « la belle » en tamazigh. Elle fut souvent appelée Reine Dihya Tadmayt/Tadmut« La belle Reine gazelle ».

La religion de cette amazighe d'origine noble et sans doute descendante d'une vieille lignée des Aurès n'est pas établie de manière sûre. Était-elle chrétienne ? Animiste ? Judaïsée ou juive ? Les sources historiques apportent des témoignages bien divergents. Ce qui est certain c'est qu'elle était avant tout amazigh et prête à tout pour défendre son peuple et sa terre.

A la fin du VIIe siècle après J.-C., lorsqu'après plusieurs tentatives infructueuses, les Arabes repartent à l'assaut de l'Afrique du Nord, avec une armée commandée par Hassan Ibn-Noomane, ils se heurtent une nouvelle fois à la résistance berbère. C'est la Reine Kahena qui cette fois est l'âme de cette résistance. À la première bataille, Dihya remporta une victoire sur les troupes d'Ibn Numan à Miskyana, entre Tebessaet Aïn Beïda, dans la région Constantinoise.

Une ruse de la Kahena

Dans la vallée de la rivière, déserte et à sec, la Dihya décide d'y dissimuler son armée pendant la nuit, en partie dans la montagne, en partie derrière, sa cavalerie et ses troupeaux de chameaux, pour prendre en embuscade les troupes d'Ibn Numan.

Lorsque les Arabes attaquent, ils sont accueillis par une pluie de flèches tirées entre les jambes des chameaux des Berbères. Les Arabes sont écrasés… Les Berbères les poursuivront jusqu'à Gabès.

La Dihya vient de remporter sa plus prestigieuse victoire, celle de la Meskiana, qu'on appellera « La bataille des chameaux », et parvient à repousser les troupes du Calife jusqu'en Tripolitaine.

Ibn Numan sera à nouveau battu en 695 prés de Tabarqa par la Dihya.

Les envahisseurs se retirent à nouveau en Tripolitaine, mais une fois les renforts arrivés d'Orient, ils passent à l'attaque toujours sous la direction de Ibn Numan (695). Ils portent alors un coup fatal aussi bien à l'armée chrétienne byzantine qu'aux résistants berbères juifs.

Sachant sa défaite imminente, Dihya fit pratiquer la politique de la terre brûlée en vue de dissuader l'envahisseur de s'approprier les terres. Elle s'aliéna par là une partie de son peuple : Berbères sédentaires citadins, nomades et ceux de la campagne. Cependant Carthage, malgré cette politique, est reprise par les troupes arabes. S'il faut en croire la légende, voyant que les Arabo-musulmans étaient sur le point de non-retour, la Princesse aurait préconisé à ses enfants et à ses fidèles de se ranger du côté des conquérants. La défaite des troupes de Dihya est en partie due à la trahison par Khalid, jeune Arabe que la reine avait épargné après la bataille des chameaux et adopté selon la coutume de l'anaïa (« protection ») en vigueur chez les anciens Berbères.

Faite prisionnière, Dahia fut décapitée, et sa tête apportée au calife.

Dans les Aurès existe un puits ; à Baghaï près de Kenchela d'où Dahia est originaire et que l'on appelle “Bir el kahina” (le puit de la Kahina), en souvenir du lieu où elle a été tuée. Toujours à Baghaï, les habitants désignent certaines ruines anciennes comme étant les ruines “du palais de la Kahina”.

Enfin, certains berbères chaouis des Aurès diront qu'ils ont le “nez de la Kahina” qui était d'une grande beauté mais aurait eu, un peu comme Cleopâtre un nez particulier, mais cette fois non pas long mais doté d'une petite “bosse”.

À la mort de la Kahena de nombreux chefs berbères embrassent la nouvelle foi.

« Notons d'abord ce constat : dans l'Islam importé par les envahisseurs, les chrétiens d'alors voyaient moins une religion nouvelle qu'une hérésie de plus, à l'instar de l'arianisme, du monophysisme ou du donatisme. Un saint Jean Damascène, fonctionnaire chrétien du Califat de Damas et Père de l'Église, ne considérait-il pas la religion des nouveaux maîtres de l'Orient comme une hérésie chrétienne ? On comprend mieux, dans ces conditions, que des chrétiens berbères aient passé à l'Islam, à l'exemple de Qusayla, pour avoir la vie sauve ou conserver quelque avantage. ». (Joseph Cuoq)

Il a fallut aux Arabes pas moins de sept expéditions successives pour consolider leur puissance en Afrique du Nord et soumettre ses habitants.

Après la mort de la Kahena, le nouveau gouverneur de Kairouan, Moussa Ibn Nossayr, nomme un Berbère des Aurès, à peine affranchi, Tariq Ibn Ziyed gouverneur de Tanger. Et lorsque, à partir du Nord-marocain, Moussa Ibn Nossary se prépare en 709 à envahir l'Espagne , c'est à lui qu' il confie le commandement de l'expédition qui conquerra l'Espagne et le Sud-ouest de la Gaule.

L'expédition commencera en 711 (94 de l'Hégire) et l'islam s'étendra aussi sur les Baléares, la Sardaigne, la Sicile, la Corse et Malte qui passeront sous domination musulmane.

Si l'Islam s'affirme une fois la conquête achevée, il faut attendre le XIe siècle pour parler d'islamisation totale. L'arabisation a eu elle un processus encore plus lent. Même de nos jours les Berbères luttent contre une arabisation totale et ont exigé un bilinguisme accordé difficilement.

Sources : Ibn Khaldoun - Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique septentrionale – le livre de Joseph Cuoq– Willipendia.

source: source Afrique-du-nord

jeudi 30 octobre 2008, a 11:27
Les Berbères Marocains interdits d'entrée en Algérie
 

 leur arrivée à l'aéroport d'Alger mercredi 29 octobre 2008, trente cinq membres d'une délégation de représentants d'associations berbères du Maroc, parmi eux Rachid RAHA et Me Adgherni le Président du Parti Démocratique Amazigh du Maroc ont été interpellés par la Sécurité Algérienne alors qu'ils comptaient participer au Congrès Mondial Amazigh qui fait exceptionnel se tient simultanément à Meknès et à Tizi-Ouzou du 30 octobre au 2 novembre.

Maintenus dans la zone internationale de l'aéroport, les militants berbères se sont vus confisqués leur passeport. Ils refusent toujours de se laisser conduire dans un espace de rétention, rejettent tout offre de nourriture, bien décidés à s'engager dans une grève de la faim. On les verra tenir cette nuit même leur conseil fédéral selon les recommandations de leurs associations. Ils remettront d'ailleurs dès demain la liste des élus (membres fédéraux du CF marocain) à leur homologues de Tizi-Ouzou.

D'autres délégations sont attendues dès jeudi en provenance de Lybie, de Tunisie, d'Espagne, de France, du Niger...

Si plusieurs ONG ont réussi à se rendre sur sur place, le gouvernement algérien pour qui cette "venue de marocains sur son territoire est illégale" a choisi des méthodes musclées, allant jusqu'à fermer toutes les lignes aériennes entre l'Algérie et le Maroc jusqu'à samedi.

De son côté, la délégation chargée de débloquer la situation composée de membres de l'association Amusnaw, d'avocats algériens, de journalistes et de delégués du mouvement citoyen parmi lesquels Belaïd Abrika ont été refoulé à l'entrée de l'aéroport par une armada policière digne d'une opération anti-terroriste. Les militants ont aussitôt exprimé leur indignation en demandant l'intervention du Procureur de la République et de l'Ambassadeur du Maroc.

On apprenait dans le même temps que les deux auberges d'accueil de Tizi-Ouzou et Tizi-Rached avaient été réquisitionnées par les autorités.

Une descente policière au quartier des Genets où sera organisé ce congrès dédié à la mémoire de Matoub Lounès, n'est pas à exclure. 

Quant aux affiches excessives et inhabituelles "Les Chevaliers de l'Islam à la Maison de la Culture" qui inondent la ville Tizi-Ouzou, elles ont élevées d'un cran la tension.

Toute cette affaire montre une nouvelle fois le niveau de tolérance de la dictature algérienne à l'égard de l'expression du peuple berbère.

Stéphane MERABET MOINARD ARRAMI - Dalil MAKHLOUFI

source: kabyle.com

samedi 04 octobre 2008, a 18:00
Un bon berbère est un berbère mort !
 

Ces Berbères, « qu'ils existent ou qu'ils disparaissent »* Tarik Ibn Zyad est berbère. Une fierté ! Il a conquis la péninsule ibérique après avoir brûlé les bateaux des guerriers pour les empêcher de fuir la bataille. Il s'est même adressé aux Berbères en arabe nucléaire pour les inciter au combat ... Tarik, le chef de guerre naïf, incitait, en fait, ses hommes à mourir dans la langue des autres, pour la religion des autres, pour la gloire et le bonheur des autres. La langue et le bonheur des soldats berbères, Tarik l'avait cloué au pilori de l'islam et de l'arabe. L'histoire officielle nous a appris que ce « bon berbère » a sacrifié ses hommes pour la grandeur de la religion des Arabes... La suite de l'aventure de ce guerrier est occultée ... L'histoire ne dit pas que Tarek, a été exécuté par les Arabes et sa tête ensanglantée, mise dans un sac, comme celle d'un vulgaire bandit, est apporté au calife des musulmans. Triste sort. Les Berbères ont malheureusement la fâcheuse habitude de ne pas regarder souvent dans le rétroviseur. Ils l'ont payé cher, très cher. Des milliers de berbères ont sacrifié leur vie, leur langue, leur culture et leurs traditions pour le bonheur de leurs ennemis. Poussé par la haine de soi, le Berbère se suicide, se consume et pousse ses frères au suicide collectif. Les Berbères existent sans le savoir et sans le vouloir. Certains se cachent pour mieux ressembler à l'autre, parler sa langue et concevoir le monde comme lui. Ils sont « arabes, musulmans » et soumis. D'aucuns se plaisent dans leurs nouveaux habits. D'autres se battent pour s'affirmer. L'histoire de Tamazgha est vidée des Imazighen. Aux yeux des pouvoirs dictatoriaux en place dans toute Tamazgha, un bon berbère est un berbère mort, pour les causes des autres bien sûr. Ceux qui se sont battus pour la liberté de leur terre sont occultés. Kouceila, le digne fils du pays, est exclu des livres d'histoire, alors qu' Okba, le bandit, le vilain envahisseur, est honoré comme un saint. Tous les saints sont des menteurs. Les noms des despotes zélés, pédophiles, sanguinaires et barbares et autres illustres inconnus sont donnés aux écoles, aux lycées, aux rues, aux places publiques et aux boulevards. Ils sont considérés comme des idoles par les écoliers. Les enfants de la nation, les vrais, sont devenus les otages d'un grand mensonge fabriqué par l'histoire officielle et l'école. Ils en payent le prix maintenant. Intégrisme religieux, violence et perte des repères identitaires, telles sont les conséquences de cette amnésie collective qui frappe les pays de Tamazgha. Pourquoi on ne trouve pas à Tamazgha des boulevards ou des universités portant les noms de « Kouceila », « Said Sifaw », « Zayd-U-Hmad », « Heddu Ouskounti », « Moha U-Hemmu Azayyi », « Yuguerten », « Addi U-Bihi », « Hend U-Merri », « Si Muhand U-Mhand » « Saint Augustin », « Mouloud Mammeri », « Kateb Yacine », « Dihia » ... et autres ? La raison est simple ? Aucun de ces Berbères n'est mort pour la promotion de l'arabe et de l'islam. De très mauvais exemples. A Tamazgha occidentale, le pouvoir, dans sa course pour récupérer tous les symboles berbères, avance même que Abdelkrim Al Khatabi, le chef de guerre des tribus de Rif, est arabe. Il est même le descendant d'une famille venue directement d'Arabie saoudite. Assou U-Basslam, le chef de guerre des Ait Atta lors de la bataille de Bougafer (1933), n'a pas échappé à cette récupération. D'autres, serviles de naissance, se déclarent volontairement arabes, « cherifs » même. Le dernier en date est le wali de la région la plus pauvre au Maroc, Meknès-Tafilalt. D'autres suivront sûrement. Le pouvoir a programmé le suicide collectif du Peuple Amazighe avec l'aide de l'islam, de l'arabisation, de lois injustes, de privations et bien sûr des Berbères de service. Pour la monarchie, un bon berbère est un berbère mort. Les Imazighen veulent vivre et exister. Est-ce un crime de vouloir exister pour vivre ? Je vous réponds tout de suite : NON. Le crime c'est de vouloir sacrifier les autres pour exister. C'est ce que font les gueux qui ont usurpé le pouvoir à Tamazgha. Lhoussain Azergui

 source ADN

mardi 09 septembre 2008, a 11:11
Classés 7e à la Danone nation’s Cup de Paris
 

 

La sélection de Tizi Ouzou, ambassadrice de l'Algérie à la phase finale de la Danone nation's Cup qui s'est déroulée dimanche dernier dans la capitale française Paris plus précisément au niveau du prestigieux stade du Parc des Princes,  a honoré  dignement les couleurs nationales.

En effet, les jeunes Lionceaux  kabyles ont réussi l'exploit en décrochant au final la septième  place au classement de la Danone nation's Cup qui est, faut-il, le rappeler, la plus grande compétition de football au monde pour les benjamins, une compétition parrainée par la star du football mondial Zinedine Zidane.  Les jeunes poulains du duo Akli Belaïd –Hocine Chikhi, qui ont débuté la compétition dans leur groupe par une défaite face à  la République tchèque (1-0), se sont ressaisis  de fort belle manière  en empochant une victoire par forfait face au Cameroun  (3-0) avant de surclasser  ensuite le Mexique (1-0) puis le  Portugal (4-0).  Une  performance qui a permis aux Algériens de décrocher la qualification aux huitièmes de finale où ils ont eu à écarter l'Italie par un but à zéro avant que les co-équipiers de Naït Rabah, qui ont séduit par leur jeu les observateurs les plus avertis de la balle ronde, ne s'inclinent en quart de finale devant les Allemands  par quatre  buts à un pour s'offrir ensuite lors des  matches de classement la septième loge au classement final devançant  ainsi pas moins de 33 nations  et non des moindres SVP. A l'issue de ce parcours élogieux auquel plusieurs chaînes  du monde arabe n'ont pas tari  d'éloges à l'égard des jeunes  héros algériens,  ces derniers ont reçu de chaudes  félicitations  de Zinedine Zidane,  lequel s'est montré très ému  et qui a d'ailleurs tenu à immortaliser  ce moment magique en posant avec fierté  devant les cameras du monde aux côtés du jeune capitaine algérien,  Ramdane Ferguene  drapé de l'emblème national.  Les Kabyles, qui ont subjugué leur monde devaient rentrer au pays hier en fin d'après-midi. A signaler enfin que Le trophée de cette 9e édition a été remporté par le France devant   la Russie. L'Allemagne, la République tchèque, le Brésil et l'Argentine  occupent pour leur part, respectivement la 3e, 4e, 5e et 6e  alors que l'Algérie est  classée à la 7e place devant  trente-trois nations dont  l'Afrique du Sud  tenante du titre qui s'est contentée  dans cette édition de la 9e place.

source: depeche de kabylie

samedi 06 septembre 2008, a 12:15
Tubirets (Kabylie) Le tombeau de Tacfarinas sera restauré
 

Commune d'El Hakimia (Bouira) La commune d'El Hakimia est située à une soixantaine de kilomètres au sud de la wilaya de Bouira, une région touchée par la désertification et qui subit encore la sécheresse. Le tombeau de Takfarinas sera restauréAu lieudit Ouled Slama, dans la commune d'El Hakimia, est édifié le tombeau du valeureux combattant berbère Takfarinas, mais dans un état de délabrement tel qu'il nécessite des travaux de réhabilitation. Le lieu historique a fait l'objet l'année dernière de la visite de la ministre de la culture qui s'est inévitablement intéressée à l'endroit où est implanté le tombeau de Takfarinas et il était question d'entreprendre des travaux de rénovation et de maintien. Parce que selon les opinions très au faits de l'histoire et ce n'est nullement une légende ou un conte de fées, de faire savoir que c'est près de ce lieu de Ouled Slama que le courageux combattant et chef guerrier Takfarinas a été abattu après des années de lutte contre l'occupant romain. C'est dans cette disposition que les autorités de wilaya, après leur visite effectuée dernièrement en cet endroit hautement historique, situé au mausolée de Ouled Slama, appelé aussi le tombeau de Takfarinas qu'ils ont eu toute la latitude de s'enquérir et de s'informer de l'état d'une étude de restauration du lieu historique, dans l'objectif est de perpétuer la mémoire collective.    

Par Farid Haddouche

source: jour d'algerie

mercredi 03 septembre 2008, a 00:15
Le 5e Congrès Mondial amazigh se fera à Meknès
 

Après l'interdiction par les autorités algériennes du cinquième congrès du CMA qui devait se dérouler du 25 au 27 juillet 2008 en Kabylie, plusieurs associations membres du CMA au Maroc, ont présenté leurs candidatures pour organiser ce grand rendez-vous amazigh international.

Tamunt N Iffus et Tamaynut ont proposé d'accueillir le congrès à Agadir, Imal à Marrakech, Asidd à Meknes et Touiza à Tanger.

Après avoir longuement étudié chacun des dossiers qui étaient tous d'une grande qualité, le bureau du CMA a finalement porté son choix sur la ville de Meknes pour abriter le 5° congrès du CMA, du 31 octobre au 2 novembre 2008.

Le bureau du CMA félicite l'association Asidd de Meknes et tient à remercier très vivement les associations Tamunt N Iffus, Tamaynut, Imal et Touiza, pour s'être portées candidates à l'organisation de ces 5èmes assises du Congrès Mondial Amazigh. Le Bureau du CMA informe que le comité local d'organisation du congrès de Meknes sera coordonné par l'association Asidd et invite, dans un esprit de collaboration et de solidarité, les associations Tamunt N Iffus, Tamaynut, Imal et Touiza à faire partie de ce comité.

En perspective de ces prochaines assises du CMA, les associations amazighes des pays de Tamazgha et de la diaspora sont invitées à mettre à jour leur situation vis-à-vis des statuts et du règlement intérieur du CMA et à procéder à la désignation de leurs délégués au congrès.

Toutes les informations techniques et pratiques pour participer au 5° congrès du CMA seront publiées prochainement. Tudert i wegraw amad'lan Amazigh

Vive le Congrès Mondial Amazigh Tudert i Tmazight Vive Tamazight Paris, le 31/08/2008 P/le bureau du CMA Belkacem Lounes,

Président CMA BP 124 - 108, rue Damremont

75018 Paris congres.mondial.amazigh@wanadoo.fr

 

dimanche 31 août 2008, a 00:05
Les Chameliers du Coran à la conquête de la Kabylie
 

L'Etat algérien et ses relais militants de l'islam ne cessent depuis un moment de se plaindre de la montée du christianisme en Kabylie : ça crie au prosélytisme chrétien ! Les institutions de l'Etat algérien ont été, naturellement, mises à contribution en pondant des lois réprimant les chrétiens. Des condamnations ont été même prononcées comme c'est le cas de cette jeune femme accusée de détention d'exemplaires de la bible.

Alors que ce même Etat ne se gêne pas à faire son prosélytisme. Et c'est celui là le véritable prosélytisme. Un prosélytisme permanent et officiel pour lequel il mobilise d'énormes moyens à commencer par l'école publique, les institutions "culturelles" et les medias. Sans oublier tous les moyens investis directement dans la promotion de l'islam à travers un ministère dédié à cette religion.

Et la Kabylie est particulièrement visée par ce prosélytisme de l'Etat algérien.

Tout récemment, et sous l'égide du "ministère de l'islam" algérien, une initiative a été lancée à Tizi-Ouzou en faveur de l'apprentissage du Coran. Il s'agit de "Les chevaliers du Coran", un festival qui sera lancé, tenez-vous bien, à la Maison de culture "Mouloud Mammeri".

En réaction à cette initiative, nous publions ci-après une contribution d'Afulay n Tgergert.

La Rédaction.

Chiche ! Ouvrons les livres d'Histoire !

Réjouissez-vous mes frères kabyles, les Chameliers du Coran sont de retour !

Les organisateurs de la caravane "Chevaliers du Coran" ont raison de nous demander d'ouvrir les livres d'Histoire. N'est-ce pas ce que nous, Berbères, demandions depuis la nuit des temps ?

Ouvrons les livres d'Histoire, de vrais livres d'Histoire, écrits non par les révisionnistes et les négationnistes arabo-musulmans, mais par de vrais Historiens comme Salluste, Tite Live, Herodote,… et nous verrons ce qu'a été l'Afrique du Nord avant que les brûleurs de livres et de champs de blé, les démolisseurs de civilisations, les violeurs de femmes, les destructeurs de la nature,... n'envahissent notre terre.

Ouvrons les vrais livres d'Histoire. Nous vous défions ! Nous verrons ainsi à qui appartient cette terre ? Quelle religion ce peuple, à qui vous avez volé la mémoire, a pratiqué avant l'arrivée de vos ancêtres ? Nous vous défions d'ouvrir les livres d'Histoire, d'explorer les sites archéologiques, d'interroger les tombes comme dirait Aït Menguellet... et nous verrons qui, en premier, a habité l'Afrique du Nord.

Mais de grâce ne nous parlez pas de l'Histoire écrite par les charlatans des zaouias et les "historiens" formées par l'école du parti unique. Ne nous infligez pas la lecture de documents écrits dans les officines obscures des services secrets algériens et les caves de mosquées... Car l'Histoire dont vous nous parlez n'est pas la nôtre : elle est celle de l'Arabie.

Notre Histoire à nous est différente. Elle ne commence pas avec le prophète Mohamed. Elle vient de très très loin. Elle est vieille de plus de 7000 ans. Elle a connu le paganisme, le polythéisme, le christianisme, le judaïsme et enfin l'islam. Voyez-vous, buveurs de musc et autres prédicateurs de la mort, que votre religion est loin d'avoir la légitimité dont elle se réclame.

De grâce retournez d'où vous venez, la Kabylie a besoin d'autre chose que les mirages du désert arabique, les senteurs de charognes et les croassements de corbeaux. Les enfants kabyles ont plutôt besoin d'étudier les philosophes des lumières, les poètes de liberté et les scientifiques de la vérité.

Vive la Reconquista !

Afulay n Tgergert

Source : tamazgha.fr

 

mercredi 27 août 2008, a 13:24
Le 1er Salon du couscous s’est ouvert hier à Tizi-Ouzou
 

 

Le premier salon dédié au plat traditionnel, le couscous, s'est ouvert hier à la maison de la culture Mouloud-Mameri de Tizi-Ouzou en présence des autorités locales, du directeur de la culture, de quelques P/APC et de plusieurs citoyens venus prendre connaissance du très riche programme tracé par les organisateurs de l'événement.

La Maison El Gherbal de la commune de Boghni, qui organise le salon, veut en faire un rendez-vous grandiose qui s'érigua en rempart contre la disparition de cette tradition culinaire “La Maison El Gherbal se donne l'ambition de perpétuer la tradition millénaire de la fabrication du couscous, en ne le roulant qu'à la main et suivant un rituel de chez nous, le préservant ainsi des aléas de l'industrialisation.  L'effort presque militant en faveur du maintien de cette tradition a été couronné par le choix du couscous “Gherbal” comme le meilleur en Algérie pour l'année 2007,” nous dit Malika Meghari de la maison “Gherbal”. Pas moins de dix wilaya ont confirmé leur participations. Il y a entre autres, Boumerdès, Bouira, Jijel, Blida, Ourgla, Tizi-Ouzou.  Plusieurs maisons et artisans qui ont investi dans la fabrication du couscous à Tizi-Ouzou sont également présents dans ce premier salon, l'on a particulièrement noté les artisans de Azazga, Tizi-Ouzou, et les plus en vue ceux de la daïra de Boghni qui a adopté cette culture depuis belle lurette.

En plus des différentes sortes du couscous qui y sont exposées, le couscous d'orge, de riz, du maïs, la maison El Gherbal a fait appel à plusieurs artisans tels que les bijoutiers d'Ath Yanni dont les bijoux ouvrant les stands de l'exposition pour la durée de la manifestation. Ould Ali El Hadi, qui a souhaité la bienvenue aux participants dira que ce salon, le premier du genre, s'inscrira dans une démarche d'unification pour consolider les liens et jeter les ponts d'amitié entre les régions du pays qui y participent activement.

“Ce salon dans un esprit de convivialité” se déroule sous le slogan “Trait d'union et car on sait très bien que le couscous réuni la famille dans les occasions de joie où d'autres circonstances, indiquera le directeur de la culture de Tizi-Ouzou.”

“Le 2e salon du couscous fixé pour le 1er yennayer”

M. Ould Ali annoncera par la suite la tenue du 2e salon du couscous à l'occasion de la célébration prochaine du 1er Yennayer à la maison de la culture de Tizi-Ouzou. Outre les expositions permanentes qui se tiendront quotidiennement du 26 au 29 août en cours les organisateurs de ce premier salon du couscous ont prévu une série d'activités. Il s'agit principalement de la tenue de deux conférences-débats sur l'art culinaire et les origines du couscous ainsi qu'un gala artistique pour la clôture du salon. Pour le vendredi, les organisateurs prévoient une sortie culturelle au profit des participants, des activités qui engloberont donc le couscous traditionnel, l'habit traditionnel, l'art culinaire et la décoration florale. Le couscous “Le plat du pauvre et du riche” comme nous dit un participant sera donc durant trois jours à l'honneur, lui qui est devenu plat traditionnel en Kabylie mais aussi dans tout le Nord de l'Afrique. Sa renommée dépasse à présent les frontières du pays pour devenir un plat universel.  Qu'on l'appelle Seksou en Kabylie, Tabarboucht dans les Aurès, Taâm chez les Ouled Naïl, le couscous a la même vocation : celui d'un plat populaire qui a une symbolique culturelle historique pour toute une région.

source : la depeche de kabylie

samedi 23 août 2008, a 11:45
Les Kabyles de France écrivent à Nicolas Sarkozy
 

Mr Le Président de la République,

Tout d'abord, l'association des Kabyles de France (Askaf), que nous avons l'honneur de diriger, adresse ses condoléances et son soutien aux familles des victimes des derniers attentats perpétrés en Algérie.

Si nous nous adressons à vous, par l'intermédiaire de cette lettre publique, c'est pour attirer votre attention de chef de l'état et d'actuel président de l'union européenne sur une région du monde qui souffre dans l'indifférence générale : la Kabylie. Le fin connaisseur de la géopolitique mondiale que vous êtes n'ignore pas que cette région d'Algérie, fer de lance du combat pour la démocratisation du pays et pour la réappropriation de son identité historique, l'identité amazighe, est niée dans ses droits et reprimée de manière sanglante par le pouvoir algérien. Depuis l'indépendance du pays en 1962, l'histoire de la Kabylie n'est qu'une suite de révoltes contre un régime s'appuyant sur des marchandages économiques avec la communauté internationale pour étouffer et passer sous silence les exactions qu'il commet sur le peuple.

C'est avec amertume que nous dressons le constat que la politique étrangère de la France, traditionnellement pro-arabe, a conduit le pays des droits de l'homme à soutenir, voire à couvrir, des régimes anti-démocratiques et sanguinaires. Ainsi, la France n'a jamais osé dénoncer et condamner ouvertement les pratiques scandaleuses du pouvoir algérien à l'endroit des populations qu'il administre. La realpolitik, terme permettant à un gouvernement de sacrifier l'exigence universelle des droits de l'homme au profit de ses intérêts économiques immédiats, est l'ennemi mortel des peuples sans état, des populations sans défense, des aspirations légitimes à la démocratie et à la liberté des citoyens emprisonnés dans des nations pratiquant la tyrannie et le totalitarisme. En Algérie, l'idéologie islamiste, l'antikabylisme, la corruption, le clanisme, le clientélisme et le recours à la force sont les six mamelles de l'Etat. Rusé, le pouvoir a pris soin d'offrir, pour l'extérieur, une façade démocratique, façade dont se servent la plupart des nations occidentales pour justifier leur coopération.

Le peuple algérien, acculturé et pris au piège, se sent abandonné et isolé. En effet, pour mettre au pas la conscience des citoyens et empêcher tout pluralisme, le pouvoir algérien a recours à une arme de destruction massive : l'idéologie islamiste, utilisée pour miner de l'intérieur la société algérienne et dépersonnaliser la Kabylie. Région traditionnellement attachée aux valeurs universelles, elle lutte à huis clos pour sa survie. Profondément amère et en colère contre ce qu'elle considère comme de l'indifférence, voire du mépris, une partie de la population se tourne vers l'islam politique, seule force médiatisée critiquant ouvertement le régime. Les plus fanatisés iront grossir les rangs du Djihad international, offrant leurs vies bafouées pour semer la terreur dans un monde qui les a abandonnés. Car qu'on ne s'y trompe pas : la majorité des jeunes qui épouse la cause du Djihad ne le fait ni par conviction, ni par idéal, leur engagement est motivé par la seule nécessité de faire éclater une colère et une haine accumulées par des années d'humiliations et de frustrations. Loin de nous l'idée de justifier ces comportements ignobles et abjectes, que nous condamnons avec la plus grande vigueur, mais nous ne voulons pas que les mêmes causes produisent les mêmes effets !

L'autre effet pervers de la situation, notamment pour la France, est la suivante : la grande majorité de la population n'épousera pas le fanatisme islamiste mais rêve... d'exil ! Ainsi, rejoindre l'eldorado européen, principalement la France, est le seul objectif de la plupart des jeunes algériens. Mr le Président, vous le savez mieux que quiconque : la pression migratoire que connaît la France est l'une des principales conséquences de ses soutiens à certains régimes dictatoriaux. L'aide économique au développement promise par tous les dirigeant politiques et tous les gouvernements, n'y changera rien : la seule aide qui permettra à la France de juguler la pression migratoire est l'aide à la démocratisation des pays concernés, donc un soutien franc et déterminé aux oppositions démocratiques. L'aide au développement sans l'aide à ceux qui luttent, souvent au péril de leurs vies, pour la démocratie et les droits de l'homme est non seulement vouée à l'échec mais, surtout, renforce ce qu'elle prétend combattre : les régimes concernés se servent de cette aide pour consolider leur pouvoir, pouvoir auquel veulent justement échapper les citoyens !

C'est la raison pour laquelle nous invitons le pays dont vous êtes le Président et dont nous sommes des citoyens à privilégier les gains politiques et économiques à long terme.

La Kabylie, terre de martyrs, a beaucoup souffert de l'indifférence de la communauté internationale lors des émeutes du "printemps noir" d'avril 2001, pendant lesquelles 126 jeunes ont péris sous les balles réelles du pouvoir algérien. Beaucoup de blessés sont aujourd'hui soignés sur le territoire français. La France, trahissant sa vocation, n'a paradoxalement pas condamné le pouvoir algérien pour son "oeuvre". Prisonnière d'intérêts économiques aux effets pervers et d'un passé colonial qui la culpabilise, elle croit se racheter une virginité en ménageant systématiquement les responsables algériens. Or, elle ne fait que renier sa vocation, qui est d'être, comme vous l'avez rappelé, "aux côtés de tous les opprimés de la planète". Confondre le pouvoir algérien et le peuple algérien est une erreur. Aucun algérien digne de ce nom, amoureux de la liberté, de la justice et de la démocratie, ne se sentira insulté par la condamnation de ce pouvoir illégitime.

Pour terminer, nous tenons à vous informer que l'Askaf, attaché aux valeurs de laïcité et de démocratie, souhaite que cette politique de soutien aveugle et systématique au régime algérien prenne fin. Les citoyens français d'origine kabyle et les immigrés kabyles en France sont troublés et veulent vous exprimer leur malaise face à cette situation. Mr le Président, les kabyles souffrent, comme beaucoup de peuples opprimés ou ignorés, de se voir sacrifiés sur l'autel des intérêts économiques. Nous ne voulons pas que le principe de la "sélection économique" prime sur les valeurs universelles et détermine la nouvelle carte du monde. Une parcelle de cette planète, la Kabylie, n'a que trop souffert. Elle est aujourd'hui prise en sandwich entre le terrorisme de l'Etat algérien et celui des islamistes pour un objectif convergent : détruire l'âme et la conscience identitaire du peuple kabyle.

Arezki BAKIR et Nafa KIRECHE, respectivement président et porte-parole de l'association des kabyles de France (Askaf).

source: kabyle.com

samedi 23 août 2008, a 10:43
La championne est rentrée hier à Béjaïa
 

 

L'aéroport  international Abane-Ramdane de Béjaïa a vécu une matinée de vendredi très particulière avec l'arrivée de la championne olympique du judo, Soraya Haddad.

Les autorités locales, à leur tête le secrétaire général de la wilaya et le représentant du wali, en congé, le maire de Béjaïa, le directeur de la DJS, les membres de l'APW, les représentants de la Ligue de judo de Béjaïa ainsi que plusieurs personnalités du monde du sport ont fait le déplacement à Sidi Ali Lebhar pour honorer celle qui a hissé les couleurs nationales à Pékin.

Un public très nombreux a fait le déplacement de sa ville natale, El-Kseur, ainsi que de toute la wilaya pour remercier l'espoir de notre judo et lui témoigner sa gratitude pour tous les efforts fournis aux cours de cette saison et spécialement en Chine.

Elle était émue

«Merci à tout le monde»

«Très contente pour cet accueil, je remercie toutes les personnes qui m'ont aidé à récolter ce titre.»

Benathmane, directeur de la DJS de Béjaïa

«Elle a honoré l'Algérie»

«je suis très content pour Soraya Haddad qui est l'enfant de la région et  d'El-Kseur spécialement. Je suis ravi car elle a honoré sa wilaya et toute l'Algérie aux Jeux Olympiques. Je peux dire que c'est l'arbre qui a caché la forêt, donc je suis très content.»

Tahar Henneche, président d'APC de Béjaïa

«Très content»

«Cette fille a honoré Béjaïa, c'est un titre honorifique pour l'Algérie et notre wilaya, cela complète les récompenses de cette année, après la Coupe d'Algérie de la JSMB, celle du MBB en volley et les médailles d' or des différentes disciplines donc, on clôture  avec ce titre international. Je suis très content, la preuve, je l'attends.»

Laid Messaoudi, président de la Ligue de judo de Béjaïa

«Elle a confirmé son parcours»

«C'est un grand honneur pour nous, un titre olympique n'est pas donné à n'importe quel athlète, c'est la crème de  tous les sportifs. Soraya mérite tous les honneurs, elle a confirmé son parcours   qui est un enchaînement de très bons résultats. Entre-temps elle a changé de catégorie par rapport aux championnats mondiaux et malgré quelques difficultés, elle a trouvé les ressources nécessaires et démontré de quoi elle est capable.»

Mohamed Bouheddou, ex-entraîneur de Soraya et actuel coach de l'équipe nationale du Qatar

«Une grande émotion»

«Je ressens une grande émotion surtout par rapport à l'accueil d'Alger qui a été très populaire. Maintenant nous sommes dans notre wilaya et dans notre village, vraiment je suis très ravi pour avoir décroché quelques chose pour l'Algérie et pour notre wilaya.»

Ouaddah, secrétaire général de la wilaya

«1 000 mercis à Soraya»

«C'est une championne très prometteuse et qui peut mieux faire aux prochains Jeux Olympiques de Londres. On est là pour l'accueillir et lui dire que toute la wilaya et tout le pays t'adorent, nous allons l'épauler moralement et matériellement, et ce sera pareil pour tous les athlètes qui honorent  les couleurs nationales, c'est une fierté de toute l'Algérie  avant d'être celle d'El-Kseur et de Béjaïa. 1 000 mercis à Soraya au nom de toutes les autorités locales administratives et élues.»

Saâdi Haddad, père de Soraya

«ça fait plaisir»

 «Je suis très content pour l'accueil réservé par les autorités locales, ça fait vraiment plaisir, merci beaucoup Soraya, tu m'as rendu l'homme le plus heureux sur terre.»

Salim Haddad, frère de soraya

«Un grand jour»

 «C'est un grand jours pour nous et toute la famille, c'est une médaille qui nous a honorés et rendez-vous inchallal en 2012.»

Farid Haddad, frère de Soraya

«ça fait chaud au cœur»

«L'accueil est chaleureux, c'est un grand bonheur et on ne voit pas ça tous les jours, ça fait très chaud au cœur et je la remercie du fond du cœur, merci et bon courage et inchallah à d'autres résultats meilleurs.»

source: la depeche de kabylie

lundi 18 août 2008, a 14:44
la robe kabyle entre tradition et modernité
 

La robe Kabyle n'a pas toujours eu la forme qu'elle a aujourd'hui, autrefois, on parlait de Taqendurt. L'ancienne robe Kabyle été faite de laine blanche tissée, une seule pièce ouverte par une fente sur la poitrine. Les anciennes robes Kabyles n'avaient pas de manches, mais étaient assez grandes pour recouvrir les bras. La robe Kabyle était accompagnée de ce qu'on appelait axellal, une sorte de manteau d'hiver qui protégeait la femme Kabyle du froid. Axellal n'était pas cousue, il était simplement accroché aux épaules et sur le devant par des fibules (Tabzimt). La ceinture était aussi présente, faite de laine et enroulé une dizaine de fois autour de la taille.

Au 20e siècle, le style vestimentaire de la femme Kabyle a connu beaucoup de changements, le tissu industriel de coton imprimé a remplacé la laine, la robe Kabyle est née.
Cousue à la machine à partir de plusieurs pièces à présent, elle peut comporter des manches courtes ou longues comme elle peut être sans manches, elle est fendu par devant et décoré comme sur le dos et le bas de la jupe avec des rubans qu'on appel Zigga.

Une partie du corsage nommé iciwi sert de poches aux femmes kabyles qui s'en servent pour cacher leurs économies.
La jupe est recouverte d'une fouta (lfoudha), un tissu multicolore (souvent noir, rouge et jaune) noué au niveau de la taille.
Les femmes Kabyles portent leurs plus belles robes en soi pour celles qui en ont les moyens les jours de
mariages Kabyles, signes de richesses accompagnés de bijoux Kabyles.

source : la-kabylie.com

lundi 18 août 2008, a 14:43
kabylie:Les bijoux kabyles de Beni Yenni
 

Les bijoux kabyles sont fascinants et leurs succès dépassent les frontières de la Kabylie et de l'Algérie même.

 

Le bijou kabyle est indissociable des costumes que portent les femmes kabyles. Il joue un rôle essentiel dans la vie sociale féminine. Ces bijoux en argent, finement ciselés, filigranés, rehaussés de pierres de corail proviennent du village de Beni Yenni.

 

La fabrication restant le plus souvent traditionnelle, les bijoux sont travaillés avec art sur une minuscule enclume qui demande un doigté d'exception.

 

La particularité des bijoux kabyle est la présence d'émaux de couleurs différentes (bleus, verts, jaunes) qui contrastent avec le rouge vif du cabochon en corail serti. L'émail (pratiquée pour colorer les bijoux) est une poudre qui se compose en général de sable, de minium, de potasse, et de soude finement broyés.

 

La technique de l'émaillage est réalisé en prenant soin de délimiter les parties à teindre en soudant des fils en argent. L'artisan kabyle est un orfèvre, il a une très grande connaissance de son travail allant jusqu'à obtenir de très subtiles variantes de couleurs.

 

Il existe différents bijoux kabyles typiques qui sont les suivants :


- L'ihelhalen : Signifie les chevillères. Elles peuvent être de grande dimension et se distinguent par une absence de décoration émaillée sur le corps principal de l'objet. Un gros cabochon de corail ceint de boules en argent vient compléter l'ornementation de la chevillère.

 

- Le ddah ou amesluh est un bracelet plus petit que la chevillère. il est émaillé ou gravé sur plomb.

 

- Les fibules se fixent sur l'étoffe par un ardillon à l'intérieur duquel coulisse un anneau. Il en existe de nombreux types, tels que les idwiren et les taharaht qui sont de petites tailles. Les tibzimin quant à elles, sont des fibules de grandes tailles et les ibzimen des fibules triangulaires. Le tabzimt, enfin, est la pièce maîtresse de la parure kabyle. C'est une grande fibule ronde richement décorée et qui se porte sur la poitrine. Cet objet comporte de nombreux filigranes. des émaux, des boules d'argent et une multitude de coraux.

 

- Le taessaht est un diadème qui est devenu très rare de nos jours. Il était destiné à orner le front. Il présente une décoration faite d'émaux, de gros cabochons de corail ainsi que de boules d'argent.

 

- Les boucles d'oreille sont de plusieurs types : On retouve les letrak qui sont des boucles d'oreille de type très ancien qui présentent un anneau ovale orné à l'extrémité par des sertissages de corail et d'émaux. Le tigwedmatin est un autre type de boucles d'oreille. Il est composé d'anneaux ornés par du corail aux extrémités, et sont agrémentées de plaques rondes émaillées et pourvues de pendeloques allongées.

 

Les techniques de fonte et de moulage de l'argent remontent à l'antiquité. Elles étaient courantes dans toute l'Afrique du Nord. La bijouterie de petite Kabylie, proche sur de nombreux points de celle des Aurès, en est l'héritière directe.

 

La parure complète que doit posséder la mariée de Kabylie est constituée des bracelets, chevillières, boucles d'oreille, du pendentif et du diadème. Ces bijoux anciens sont très lourds, mais les femmes ne les enlevaient jamais, même quand elles se consacraient aux tâches les plus rudes.

lundi 18 août 2008, a 14:40
L’Arabie au VIIe après J.C.
 

La vie a besoin d'illusions, c'est-à-dire de non-vérités tenues pour des vérités (Friedrich Nietzsche)

L'Arabie au VIIe après J.C.

Les riches y deviennent de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus démunis ; les frustrations ne cessent de croître dans cette cité. L'époque est donc au mécontentement général. La famille de Muhammad est « reléguée au second plan par les parvenus du commerce et de l'iniquité » à l'époque où, accompagnant la caravane de son oncle, le jeune homme rencontre un de ces moines chrétiens solitaires, les cénobites, qui vivent en ascètes dans les déserts de Syrie. Muhammad aime s'instruire auprès d'eux des enseignements sacrés des juifs et des chrétiens. Muhammad aime aussi se retirer pour méditer dans la solitude de la caverne de Hîra, sur la montagne de la Lumière. C'est là qu'un jour, de 610 probablement, il entend une voix qui lui dit être l'archange Gabriel et lui ordonne : « Lis au nom de ton Seigneur qui a créé, qui a créé l'Homme d'une adhérence. Lis ! Ton Seigneur est le Très noble qui a enseigné par la plume [calame], a enseigné à l'Homme ce qu'il ignorait. » Ainsi commence le prêche de Muhammad. Au début, ces révélations prononcées dans une langue passionnée, dénoncent les riches et les puissants(1), ce qui lui vaut l'hostilité immédiate des marchants mecquois. Le prophète enrôle ses premiers compagnons, les membres de sa famille et des gens de modeste condition, qui vont former le « noyau dur » de ses partisans. Certains d'entre eux, sous la pression, s'exilent en Ethiopie. Sans ce noyau leur dit-il, ils me tueront !(2)

Ce n'est que vers 622 que pris naissance l'Islam, persécuté, Muhammad quitte la Mecque pour Médine avec quelques dizaines de fidèles. C'est l'Hégire (l'émigration), qui marque le début du calendrier musulman. C'est là qu'il posera les fondements d'une cité conforme à la nouvelle religion.

Les conflits et les affrontements armés se succèdent avec ses adversaires pendant huit années. Enfin en 630, Muhammad rentre à la Mecque, sans combattre où il amnistie ceux qui l'avaient rejeté. Décède en 632. De 632 à 661, ces années se sont caractérisées pour l'essentiel par des luttes pour le pouvoir.

La prononciation du Coran demeure récitatif jusqu'au IXème. De fait, l'évolution va être lente. Sur cette situation est venue se greffer une dimension idéologique concernant la capacité de la langue arabe de pouvoir tout exprimer, dans la mesure où elle avait pu, (sans changement ni ajout), exprimer le message divin à travers le texte coranique. N'est-elle pas, dès lors, particulièrement apte à exprimer des savoirs élevés et à devenir la langue de la science et de la philosophie ? Oui, certainement puisque l'écriture commençait à prendre forme et a permis la retranscription du Coran bien après la découverte des livres grecs traduits en syriaque ! Quant à la prééminence de la langue arabe dans l'expression liturgique, il ne semble pas qu'elle ait souffert d'une quelconque contestation. C'est ainsi que depuis le VIIe siècle, elle est la langue des cinq prières quotidiennes, des sermons, et bien évidemment de l'étude de la récitation du Coran pour les musulmans (mais ne lisent ni ne parlent arabe) du Croissant fertile comme pour ceux du l'Afrique du Nord, d'Asie centrale, de Chine et d'Indonésie. Le Coran a été maintes fois traduit dans d'autres langues, mais il n'y a toujours pas de prière dans une autre langue que l'arabe.

En ce qui concerne les sciences et la philosophie, les musulmans ont été précédés par les chrétiens syriaques. Dans le cadre de leur lutte idéologique contre l'orthodoxie de Constantinople, ces derniers ont en effet développé l'étude de leur langue en élaborant des dictionnaires. Le syriaque étant très proche de l'arabe, ces travaux vont faciliter les recherches qui seront menées à partir du VIIe siècle, en particulier par al-Khalil Ibn Ahmad (m. vers 786). Un de ses livres nous est parvenu. Il est intitulé Kitab al-ayn (Le Livre du [phonème] ‘ayn)(3). A partir de cet ouvrage, toute une école se crée et se développe, avec des ramifications vers la linguistique, la grammaire et la lexicographie. Il est intéressant de noter que le premier grand grammairien de la langue arabe est Sibawayh, un Persan, élève d'al-Khalil. Son ouvrage de grammaire était tellement important aux yeux de ses contemporains qu'ils se référaient à lui en disant « le Livre » sans autre précision.

Dans les premières décennies qui ont correspondu à la naissance d'une nouvelle tradition scientifique, l'arabe a bien sûr usé de nombreux termes à d'autres langues, essentiellement au grec, au syriaque, au berbère et au persan. Parmi ces mots certains sont restés tels quels, d'autres ont été transformés. Avec le progrès de l'activité philosophique et scientifique, l'arabe va continuer à s'enrichir, mais cette fois en puisant dans la langue elle-même et en donnant des sens nouveaux à des mots anciens. Toutes les langues qui, à un moment de leur histoire, ont eu à nommer les objets et les outils d'une science en activité, ont suivi les démarches qui viennent d'être évoquées : emprunt de mots et multiplication des sens d'un même mot de la langue. L'arabe l'a fait à partir du syriaque, du grec, du persan et du sanskrit. C'est ce que feront également le persan à partir du XIe siècle, le latin et l'hébreu à partir du XIIe siècle, en empruntant à l'arabe ce qui leur était nécessaire pour enrichir leurs langues scientifiques et philosophiques. Ainsi au XIe siècle, c'est-à-dire après la fin de la phase de traduction, l'astronome et mathématicien al-Biruni évoque, en ces termes un livre astronomique indien qui avait été traduit à la fin du VIIIe siècle : « La traduction est très mauvaise, le traducteur a laissé en sanskrit une grande quantité de termes. J'ai alors décidé de les traduire en bon arabe ‘DJEBBAR, A « Une histoire de la science arabe' » Et c'est effectivement ce qu'il a fait.

Dans les autres disciplines, la démarche a été semblable. Les écrits des médecins grecs, et plus particulièrement ceux d'Hippocrate et de Galien, ont été largement traduits en arabe soit directement, soit à partir de traductions syriaques antérieures à l'avènement de l'Islam. Dans les premières versions arabes de certains de ces écrits, on trouve aussi des transcriptions de mots grecs. C'est le cas des noms de quelques maladies, comme la dépression nerveuse, qui a gardé dans la médecine arabe son nom grec melancholia. La situation est semblable en philosophie, où des noms de concepts et des titres d'ouvrages d'Aristote ont été simplement transcrits en arabe : ainsi des Topiques, de la Sophistique, de la Fantaisie (au sens d'imagination), qui sont devenus respectivement : Tubiqa, Safsata et Fantaziyya. Ainsi la médecine arabe n'est pas la médecine des Arabes - mais celle des Berbères, Perses, Hébreux, Indiens, Espagnols, etc -, c'est la médecine de langue arabe.

A noter la particularité du travail d'Ibn Battuta, grand voyageur à l'époque des grandes frénésies au service de l'Islam (de l'Afrique du Nord, Egypte, Syrie, Chine, Bagdad, etc.) est la cueillette de mots et de traditions nouveaux pour l'enrichissement de l'Arabe. Etant berbère lui-même, il n'a pas hésité à mettre le paquet.

Notes : 1) Quel hasard, cette révélation est arrivée à point nommé ! 2) Ne pensait-il pas qu'ils étaient sous la protection de Dieu… Pourquoi ce camouflage de ses femmes ? 3) A noter qu'à chaque traduction d'un ouvrage, le titre sera désormais « sciences arabes ; philosophie arabe ; mathématiques arabes  ». Les traducteurs arabes manquent d'honnêteté intellectuelle.

Sources : HASNAWI A. Perspectives arabes et médiévales sur la tradition scientifique et philosophique grecque. Paris : Institut du monde arabe, 1997. DJEBBAR A. Une histoire de la science arabe : Entretiens avec Jean Rosmorduc. Paris : Seuil, 2001. MHADHBI H.Apport de la civilisation arabo-musulmane.

Zéralie

source: afrique du nord

lundi 18 août 2008, a 14:24
la colonisation du peuple kabyle
 

Le peuple kabyle n'est pas conscient qu'il est colonisé car cette colonisation est pernicieuse, insidieuse et prend une forme légales et légitime. Le peuple kabyle croit qu'il subit simplement une injustice de la part de SES gouvernants. La kabylie n'abrite pas d'arabo-musulmans propriétaires, ni de troupes militaires patrouillant rues et villages. La seule forme de colonisation que les kabyles savent reconnaitre est semblable à la colonisation française. La Kabylie n'interesse pas les arabo-musulmans pour deux raisons. La première est que c'est une terre aride où il faut travailler dur pour espérer en tirer quelque chose. Le relief n'est pas non plus adéquat pour le mode de vie arabo-musulman. C'est justement pour cela qu'ils avaient délaissé la kabylie pour que tous les rebelles, les insoumis, les protestataires de l'époque s'y réfugient.

C'était un endroit de refoulement de tous ceux qui refusaient l'ordre arabo-califal. Les aurès des chawi ont eu le même statut, ainsi que les fin fonds du sahara touareg et les portes blindées du désert mouzabite. On peut dire que ces endroits étaient et sont toujours des sortes de zones carcérales à ciel ouvert dans lesquelles les prisonniers culturels n'ont jamais été libres de vivre leurs culture et leur langue d'une façon épanouie et fiére. Les incarcérés sont soumis à des régles édictées par des géoliers extérieurs à ce monde carcéral. Seuls quelques postes de garde sont disséminés ça et là pour veiller à ce que le réglement intérieur de cette immense prison soit respecté. ces postes de garde sont des siéges de wilaya, des siéges de daira, des postes de gendarmerie, des casernes, des tribunaux, des écoles, des mosquées etc... Aucun de ces postes de garde n'est administré démocratiquement par des kabyles, ni n'oeuvre dans l'intérêt des kabyles.

De plus, la population est exclusivement kabyle et personne ne vient contester leurs biens, leur langue intra-murale, leur culture circonscrite. C'est comme dans une vraie prison où les "résidents" s'aditionnent à leur petit commerce, s'inventent un langage, des pratiques, des comportement que les gardiens et l'administration ne partagent pas ou même répriment quelque fois quand l'autorité de L'institution carcérale est menacée. Ce n'est donc pas de la colonisation directe telle que la France l'avait pratiquée. C,est un encerclement physique et moral. L'arabo-islamisme se contente de "contenir" les kabyles en Kabylie et de les maintenir sous son autorité.

Cette colonisation à distance dure depuis tellement longtemps que la mémoire collective kabyle a fini par la trouver normale. Avec le FFS, le RCD et les arouche, les kabyles pensent même que cet univers carcéral kabyle s'étend à toute l'Algérie. C'est la raison pour laquelle ils revendiquent la démocratie, donc la liberté, pour tous les algériens. Ces algériens leurs rient au nez et les élites arabo-musulmanes s'offusquent que des sous-citoyens réclament la liberté à des citoyens qui ont toujours été libres d'être ce qu'ils veulent, de vivre leur culture, de promouvoir et développer leur langue, de pratiquer et imposer leur religion etc... C'est comme dans la série STALAG 13, où une bande d'officiers américains prisonniers des allemands en 1943, se proposent d'aider le peuple allemand à se débarrasser des nazis qu'il a élu démocratiquement.

C'est rigolo ! L'administration algérienne du lieu de détention de l'amazighité et de la kabylité n'offre que deux possibilités aux kabyles :
-  la première qu'ils quittent leur région dans un exode massif mais progressif pour aller se fondre individuellement dans la masse arabo-musulmane algérienne, sans constituer de communautés organisées un peu partout. J'ai travaillé dans quelques villes algériennes et J'ai constaté que tous les kabyles que je connaissais obtenaient leur logement bien plus vite que les résidents arabes de ces villes. Pourvu qu'ils s'acculturent et qu'ils s'insérent dans le jeu social arabo-islamique (amis, mosquée, parler, fêtes, langage, expressions locales etc.....)

-  La deuxième alternative est que les kabyles se laissent arabo-islamiser sur place pour entrer en harmonie avec les postes de garde locaux. En quelque sorte, les prisonniers culturel doivent se racheter et s'arabiser pour que leurs gardien ne leur apparaissent plus comme des gardiens leur imposant un règlement (des lois, des moeurs). Le lieu carcéral s'ouvre ainsi et les arabo-musulman peuvent venir de l'extérieur, s'installer, se fondre dans la foule désormais totalment arabo-islamiseé, acheter des biens, des fonds de commerce, des immeubles, des terres etc... C'est une libération par mutation. On élimine le problème socio-culture spécifique à la kabylie et il n'y aura plus de problème. Vérité de Lapalice oblige.

Le régime algérien s'achemine vers une de ces solutions, ou les deux conjointement. Les kabyles ne l'ont pas encore compris et s'obstinent à se comporter en détenus culturels réclamant de meilleures conditions de vie carcérale. Les kabyles pensent que le maximum que l'arabo-islamisme puisse faire est d'encercler la Kabylité pour ne pas la laisser se répandre. Mais l'arabo-islamisme veut bien plus : supprimer la kabylité à trés court terme car le nombre de kabyles découvrant leur situation augmente de plus en plus. Plus le régime algérien arabise les kabyles, plus les kabyles qui refusent de s'arabiser deviennent efficaces, fermes, décidés, résistants et prêts à agir.

Arilès

source: afrique du nord

lundi 18 août 2008, a 14:23
un nom de domaine . Kab revendiquer par ferhat (MAK)
 

Les Catalans et les Catalanes ont réussi à obtenir le droit d'enregistrer un nom de domaine avec l'extension nationale « .CAT » pour « CATALUNYA ». Ainsi, l'ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers) a approuvé en septembre 2006 la demande de la Fundacio puntCAT, qui avait été établie pour servir les besoins de la communauté linguistique et culturelle catalane sur le web. Aujourd'hui, cette fondation Domini.cat qui fait figure d'exemple (http://www.puntcat.cat/) attribue des adresses électroniques avec l'extension nationale « .CAT ».

Compte tenu du précédent de la Catalogne, le temps est venu de revendiquer pour les Kabyles comme pour les Québequois et les Bretons... le droit à une identité propre et une présence visible en tant qu'identité nationale. L'Opération POINT-KAB vise à formuler une telle revendication.

On pourrait aussi envisager une opération POINT-TMZ à l'échelle de Tamazgha ouvert sur la langue berbère.

Une telle action s'est traduite pour les catalans par une structuration du marché avec la création d'un organisme privé régulateur en mesure d'appliquer une charte de valeurs. D'ailleurs Domini.cat est appuyé par une réseau associatif assez conséquent.

Les enjeux technologiques pour tamazight et la Kabylie ne peuvent se réduirent au web comme non plus à la seule attribution des noms de domaine en .kab en raison de la prédominance du .com, de la croissance exponentielle de son TLD (le nombre total de noms de domaine) et des nouvelles extensions pour les professionnels comme le .travel. Cette nouvelle extension exclusivement réservée à l'industrie du voyage et du tourisme www.iru.org (400€ par an pour un nom de domaine) fait partie de celles qui ont connu la plus forte croissance des noms de domaine cette année.

Néanmoins, la conquête du .kab en vue d'une autonomie culturelle est un objectif minimal la portée du Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie. Le rêve est d'autant plus accessible que des actions similaires ont abouties et sont dans l'ère du temps avec une relative saturation des noms de domaine et la venue de l'IPv6. Le .cat toujours en croissance à enregistré un volume de 27.000 dépôts en deux ans. En comparaison, l'extension française vient de fêter ses 1 million de noms de domaine (observatoire de l'AFNIC). Les données ne sont par ouvertes pour le CERIS qui attribue le .dz.

Bien plus qu'un symbole qui permettrait de renforcer la reconnaissance d'une identité kabyle sur internet, le .kab dont l'idée ne date pas d'hier, représenterait pour le MAK un outil politique et économique d'un nouvel ordre. Il lui conférerait un rôle de contrôle pour la diffusion culturelle amazighe kabyle où l'on pourra mieux apprécier ses capacités de conciliation avec les structures kabyles existentes. Jusqu'ici l'ICANN n'a attribué des noms de domaine qu'à des identités nationales. Le peuple catalan se reconnaisant comme une Nation, le MAK emboîtera-t il le pas en se déclarant le garant institutionnel de la Nation kabyle, en mouvement de libération nationale, rien n'est moins sûr.

Stéphane ARRAMI MERABET

Source : kabyle.com

lundi 18 août 2008, a 14:18
nouveau: drapeau chrétien kabyle
 

Pour la 1ere fois on publiera le drapeau chrétien kabyle  sur notre site évangélique kabyle  afin de permettre de vulgariser cette présentation. Il est primordial de créer une image, ou un logo exprimant au préalable l'origine, la culture, et la religion de ce peuple.

Ce drapeau regroupe  toutes les dénominations existantes en Kabylie à savoir les catholiques, protestants et enfin évangéliques, auquel ce drapeau représentera en une seule entité qui renforcera notre cohésion dans le cas présent et surtout pour le devenir de notre communauté. Nous tenons  aussi à vous faire part que nous ne voulons pas discréditer notre cher drapeau kabyle (amazigh) auquel  nous tenons considérablement. Ce drapeau n'est qu'une simple présentation de la communauté chrétienne  kabyle.

Cette vue d'ensemble permettra aux lecteurs de comprendre  le but principal de cette réalisation. Nous avons aussi le droit de disposer d'un logo comme les institutions, les partis, les sociétés, d'avoir une personnalité morale, et une image juste, reflétant le vrai caractère du chrétien kabyle.

Nous aimerions voir  prochainement ce logo utilisé  par la société.

Nous représentons à travers ce drapeau la vraie personnalité du chrétien kabyle sans omettre son identité, sa culture et enfin sa religion qui est l'essence même de sa vie.

Le drapeau chrétien kabyle est constitué d'une croix rouge qui représente clairement notre religion chrétienne.

Le fond jaune constitue  la culture kabyle qui est la couleur emblématique.

La lettre z en bleu  représente l'identité amazighe. 

Cette  vue d'ensemble est jumelée  par la religion, l'identité et la culture.

Le tout  constitue la  raison d'être et l'âme du chrétien kabyle.

En l'occurrence nous disposons pas de charte graphique, ainsi nous aimerions faire participer les autres à la réalisation de cette charte, donc l'appel est lancée à ceux qui souhaitent  nous aider a l'élaboration de la charte  graphique, dans un commun accord.

 

Conception et réalisation  

     TAFAT UMASIHI

Source: évangélique kabyle

lundi 18 août 2008, a 14:03
LES ECRIVAINS CHRETIENS KABYLES
 

FATMA NATH MANSOUR AMROUCHE

 

 

La mère de Fadhma, Aïna Aïth Larbi Ou-Saïd, née dans les environ de Taourirt Moussa en Haute Kabylie, est d'abord mariée très jeune à un homme beaucoup plus âgé, avec qui elle a deux enfants. À la mort de son mari, Aïna décide de vivre seule avec ses deux enfants, et refuse l'offre de son frère Kaci de venir habiter chez sa mère, comme c'est de coutume. Alors son frère la renie : écartée de la famille, elle ne peut même pas assister aux funérailles de sa mère.
Aïna et un homme de son voisinage, qui s'avère être de la même famille que son ancien mari, tombent amoureux. Pas encore mariée, Aïna tombe enceinte. L'homme, déjà fiancé avec une autre femme d'une famille importante, refuse de reconnaître la paternité. Aïna est exclue de la communauté, et accouche seule dans sa maison de
Tizi Hibel, avec ses deux jeunes enfants.

Dans ce contexte, naît Fadhma Aït Mansour, fille illégitime de mère veuve. Dans son enfance, au village, elle subit la méchanceté des villageois, avec de nombreuses violences. En 1885, sa mère la confie aux Sœurs des Ouadhias : elle y est persécutée par les religieuses. Sa mère se remarie. En 1886, Fadhma entre au pensionnat laïque de Taddert Ou-Fella près de Fort National. Elle passe son certificat d'études en 1892. Elle retourne ensuite à son village près de sa mère, qui lui apprend les coutumes et les savoirs traditionnels, notamment des chants et poèmes kabyles. Lorsque sa mère meurt, elle quitte définitivement son village, et part travailler à l'hôpital des chrétiens de Ait Manguellet. Les Sœurs blanches, catholiques, ont une grande emprise sur elle, et finissent par la convertir. Elle reçoit plus tard le nom catholique de Marguerite.

Elle rencontre un autre kabyle catholique converti, originaire d'Ighil Ali en Basse Kabylie, Antoine-Belkacem Amrouche, avec qui elle se marie, alors qu'elle a seulement 16 ans et lui 18. Ils ont ensemble huit enfants: Paul-Mohand-Said (1900-1940), Henri-Achour (1903-1958), Jean-El-Mouhoub (1906-1962), Louis-Marie (1908-1909), Louis-Mohand-Seghir (1910-1939), Marie-Louise-Taos (1913-1976), Noël-Saadi (1916-1940) et René-Malek (1922-). La famille Amrouche, après avoir habité quelque temps à Ighil Ali chez les beaux-parents de Fadhma, s'installe à Tunis en Tunisie. Fadhma y passe la majeure partie de sa vie, mais ne cesse de penser à sa Kabylie natale : « J'étais toujours restée en Kabylie, malgré les quarante années que j'ai passées en Tunisie, malgré mon instruction foncièrement française… »

En 1930, elle entreprend, avec sa fille Taos et son fils Jean, l'écriture et la traduction en français de ces chantsberbères, conservés jusque là par la tradition orale. Belkacem, son mari, meurt la nuit du 27 décembre1958. Elle subit de nombreux autres décès dans sa famille, et compose elle-même des poèmes pour ces enfants partis trop tôt. Ces contes sont mis à l'honneur dans les Chants berbères de Kabylie de Jean Amrouche en 1939. Ils sont également repris en partie dans Le Grain magique par sa fille Taos Amrouche, publié en 1966. Fadhma décède le 9 juillet1967 à l'hôpital de Saint-Brice-en-Coglès en Bretagne (France), à l'âge de 85 ans.

En 1968, son autobiographie Histoire de ma vie est publiée à titre posthume. À travers ce récit, Fadhma peint le combat de la femme kabyle du XXe siècle, sa place entre la Kabylie, sa langue et la langue de l'empire colonial, dans cette société kabyle qui lui impose de nombreuses contraintes, sa religion, pourtant exercée discrètement, mais qui la force à l'exil, les coutumes au nom desquelles cette même société l'exclut, en la punissant durement déjà avant même sa naissance, mais aussi cette culture berbère, et ses chants folkloriques qui lui « avaient permis de supporter l'exil et de bercer [s]a douleur. »

 

 

TAOUS AMROUCHE

 

Marie Louise-Taos Amrouche est une femme de lettres algérienne francophone et une chanteuse berbérophone, d'origine kabyle. Elle est née le 4 mars1913 à Tunis[réf. nécessaire], et morte le 2 avril1976 à Saint-Michel-l'Observatoire en France.

Taos, fille de Fadhma Aït Mansour Amrouche et sœur de Jean-El Mouhoub Amrouche, est la première femme algérienne romancière, avec Jacinthe noire, publié en 1947. Son œuvre littéraire, écrite dans un style très vif, est largement inspirée de la culture orale dont elle est imprégnée, et de son expérience de femme. En signe de reconnaissance envers sa mère, Marguerite-Fadhma Aït Mansour, qui lui a légué tant de chansons, contes et éléments du patrimoine oral, elle signe Marguerite-Taos le recueil « Le Grain magique », en joignant à son prénom celui de la mère.

Parallèlement à sa carrière littéraire, elle interprète de très nombreux chants berbères, qu'elle tient de sa mère. Ces textes sont par ailleurs traduits par son frère Jean Amrouche. Douée d'une voix exceptionnelle, elle se produit dans de nombreuses scènes, comme au Festival des Arts Nègres de Dakar en 1966. Seule l'Algérie lui refuse les honneurs : elle n'est pas invitée au Festival culturel panafricain d'Alger en 1969. Elle s'y rend tout de même pour chanter devant les étudiants d'Alger. Taos Amrouche a œuvré pour la culture berbère : elle participe à la fondation de l'Académie berbère à Paris en 1966.

Œuvres littéraires [modifier]

  • Jacinthe noire, roman, 1947.

  • Le Grain magique, recueil de contes et de poèmes, 1966.

  • Rue des tambourins, roman, 1969.

  • L'amant imaginaire, roman autobiographique, 1975.

  • Solitude ma mère, roman posthume, 1995.

 

 

JEANS AMROUCHE

 

 

 

Jean Amrouche, de son nom Jean El-Mouhoub Amrouche, naît le 6 février 1906 en Kabylie (Algérie) et ne fut déclaré à l'état civil que 7 jours plus tard soit le 13 Février 1906, à cause du temps neigeux, dans le versant Nord de la vallée de la Soummam, dans l'un des villages kabyles de la commune d'Ighil Ali, et meurt le 16 avril 1962 à Paris. Une part de son œuvre encore non publiée se découvre progressivement, révèlant un poète de portée universelle. En exprimant en français les Chants berbères de Kabylie, il en fait un trésor de la poésie universelle.

Biographie [modifier]

Convertie au christianisme, la famille de Jean Amrouche s'installe à Tunis. Après de brillantes études secondaires, Jean Amrouche entre à l'École Normale de Saint-Cloud. Il est ensuite professeur de Lettres dans les lycées de Sousse, Bône et Tunis, où il se lie avec le poète Armand Guibert, et publie ses premiers poèmes en 1934 et 1937. Pendant la Seconde Guerre, il rencontre André Gide à Tunis, et rejoint les milieux gaullistes à Alger.

Jean Amrouche est, de février 1944 à février 1945, à Alger, puis de 1945 à juin 1947 à Paris, le directeur de la revue L'Arche, éditée par Edmond Charlot, qui publie les grands noms de la littérature française (Antonin Artaud, Maurice Blanchot, Henri Bosco, Joë Bousquet, Roger Caillois, Albert Camus, René Char, Jean Cocteau, André Gide, Julien Green, Pierre-Jean Jouve, Jean Lescure, Henri Michaux, Jean Paulhan, Francis Ponge …).

Jean Amrouche réalise simultanément de très nombreuses émissions littéraires, sur Tunis-R.T.T. (1938-1939), Radio France Alger (1943-1944), et surtout Radio France Paris (1944-1958), dans lesquelles il invite philosophes (Gaston Bachelard, Roland Barthes, Maurice Merleau-Ponty, Edgar Morin, Jean Starobinski, Jean Wahl), poètes ou romanciers (Claude Aveline, Georges-Emmanuel Clancier, Pierre Emmanuel, Max-Pol Fouchet, Jean Lescure, Kateb Yacine) et peintres (Charles Lapicque).

Il est l'inventeur d'un genre radiophonique nouveau dans la série de ses entretiens, notamment ses 34 Entretiens avec André Gide(1949), 42 Entretiens avec Paul Claudel (1951), 40 Entretiens avec François Mauriac (1952-1953), 12 Entretiens avec Giuseppe Ungaretti(1955-1956).

Après avoir été mis à la porte de Radio France par le Premier ministre de l'époque, alors qu'il sert d'intermédiaire entre les instances du Front de Libération Nationale algérien et le général de Gaulle dont il est un interlocuteur privilégié, Jean Amrouche ne cesse à la radio suisse, Lausanne et Genève, de plaider de 1958 à 1961 la cause algérienne. Il meurt d'un cancer quelques semaines après l'accord du cessez-le-feu.

Jean Amrouche a tenu de 1928 à 1961 un journal qui demeure inédit.

 

 

 

 

MALEK OUARY

 

 

Malek Ouary, né le 27 janvier 1916 à Ighil Ali, Kabylie aux Ath Abbas, dans le massif des Bibans, est décédé le 21 décembre 2001 à Argelès-Gazost. Parents berbérophones, et langue maternelle le kabyle. Sa première enfance est imprégnée du cadre et du mode de vie traditionnels... Une présentation D. Merolla.

 

L'auteur

Ecrivain de langue française, collecteur de la tradition orale kabyle, Malek Ouary est né le 27 janvier 1916, dans une famille de Kabyles chrétiens de Ighil-Ali, village que l'autobiographie de Fadhma Amrouche* a rendu célèbre. Après des études primaires au village natal, il poursuit ses études à Alger où il devient par la suite journaliste à Radio-Alger. Son activité journalistique a contribué à faire connaître le patrimoine culturel kabyle : danse, musique, chants, poèmes et contes. Il a commencé à recueillir les productions orales kabyles dans son village, puis par des enquêtes, dans toute la Kabylie et dans l'émigration kabyle en France (Par les chemins d'émigration, précédé de Colliers d'épreuves, 1955). La production littéraire de Malek Ouary a obtenu la faveur de la critique et du public en 1956 lors de la publication de son premier roman. Le grain dans la meule.

Pour continuer son activité de journaliste pendant la guerre d'indépendance, Malek Ouary a émigré à Paris où il a travaillé à l'ORTF. Marié en France, il y a poursuivi sa carrière de journaliste et d'écrivain, en publiant une collecte des poèmes kabyles, Poèmes et chants de Kabylie (1974), et son deuxième roman. La montagne aux chacals (1981).

A présent, en retraite, il a terminé son troisième roman. La robe kabyle de Baya et il est en train d'écrire un essai sur son village d'Ighil-Ali durant la période d'activité missionnaire des Pères Blancs.

Au cŦAcirc;?ur de l'activité littéraire et journalistique de Malek Ouary se trouve donc son intérêt passionné pour la langue et la littérature kabyles qu'il a (re-)découvertes après la « rupture intégrale », lorsque, étudiant à Alger, il a été sevré de sa culture et de sa langue par l'exclusivisme culturel du système scolaire français de la période coloniale. « Mon entrée à l'école a revêtu pour moi un caractère singulier : « on m'y envoyait en quelque sorte pour y désapprendre ma langue afin de m'initier à une autre » (Poèmes et chants de Kabylie, 1974 : 13). Il mentionne la grande impression, « l'illumination », suscitée en lui par la lecture de Chants berbères de Kabylie ; ce texte de J. Amrouche* lui fit prendre la décision durable de travailler de toutes ses forces, en utilisant la culture française acquise, à la sauvegarde et à la diffusion de la culture kabyle et berbère. Son expérience individuelle et la situation socio-historique lui faisait craindre, comme à Jean Amrouche, la disparition du patrimoine culturel kabyle. Son activité se concentre alors sur la collecte de documents, souvent uniques, comme l'enregistrement des chorales féminines du pays des Aït-Abbas dans les années 50, la traduction de poèmes et de contes, l'enquête sur la narration littéraire dans la société kabyle.

Dans son écriture littéraire, on retrouve l'interaction de tous ces éléments. Par exemple, le noyau du récit dans Le grain dans la meule, ce lien tragique entre amitié, honneur et mort, est l'élaboration d'un événement narré en tant que fait authentique par un compatriote de l'auteur et initialement recueilli pour une transmission radiophonique. Le manuscrit du roman montre également l'interaction et le passage entre différents registres linguistiques, fruit de l'expérience de l'auteur en tant que journaliste et traducteur de poèmes kabyles. Malek Ouary nous dit' [1] que les dialogues sont modelés par l'usage quotidien en Kabylie, et que des parties entières des discussions à la tajmaat ont été reprises à partir des conversations enregistrées lors de ses enquêtes journalistiques en Kabylie. L'écriture ainsi élaborée donne un ton aulique et élevé au roman et le pose au-delà de l'écriture française « classique », trait qui - et ce n'est pas un hasard - a fait l'objet des recensions diverses, bien que le roman ait été apprécié par la critique de l'époque (Blazat 1956, Pèlerin 1936, Vergnolle 1956).

La critique littéraire actuelle présente les romans en français des auteurs kabyles contemporains de Malek Ouary (Mouloud Feraoun* et Mouloud Mammeri*) comme expression de la période dite « ethnographique » de la littérature algérienne [2] . Cette caractérisation tient à la fois au cadre temporel choisi : des romans situés dans la période pré-coloniale ou qui ne rompent pas complètement avec l'histoire coloniale ; au cadre dit « régional » : le choix d'un espace narratif kabyle et de personnages kabyles ; et à la question du lectorat : le public français auquel ces romans s'adressent. Bien que de façon moins explicite, on a aussi fait une telle lecture des romans de Malek Ouary (Achour 1990 : 164-65, 233).

Sur la question du lectorat, on doit admettre qu'effectivement les romans de Malek Ouary s'adressaient à un public principalement « français » : l'auteur lui-même nous l'a confirmé, en expliquant qu'à l'époque où il était tout imprégné de culture française, il partageait l'idée que toutes les valeurs lui avaient exclusivement été apportées par l'Ecole, qui tendait à la francisation des élèves. Ce n'est qu'à la fin de ses études qu'il a pris conscience que « tout lui venait de l'extérieur » et qu'il devait reconsidérer personnellement les choses apprises et surtout l'apport de sa propre culture. Cet aspect rejoint celui du cadre temporel dans Le grain dans la meule. Le fait de s'adresser à un lectorat français et le fait de situer le récit dans la période pré-coloniale correspondent ainsi à ce moment de la réflexion de l'auteur sur l'enseignement reçu, et à la nécessité de faire connaître aux autres pour « reconnaître » lui-même la réalité kabyle : c'est donc un moment marquant dans le développement individuel et artistique de l'auteur. Ce parcours est semblable à celui des personnages principaux dans ses ŦAcirc;?uvres ultérieures, La Montagne aux chacals et le roman La robe kabyle de Baya ces deux romans, sans que 1 on puisse les considérer comme des récits purement autobiographiques, les personnages principaux font l'expérience de la séparation du pays et de sa culture et puis se tournent vers leur communauté, en participant a la guerre de libération de l'Algérie.

Quant au choix « régional », il est indispensable de rappeler qu'il s'agit d'un mouvement très enraciné dans le milieu intellectuel kabyle, et en Kabylie en général dans lequel des stratégies différentes ont été mises en place depuis la fin du XIXe siècle, avec pour but souvent explicite de remettre en cause la subordination ancien ne du kabyle et du berbère par rapport aux autres langues et cultures du Maghreb. Le choix d'une écriture centrée sur la langue et l'espace kabyles est, encore aujourd'hui, une des stratégies caractérisant la création littéraire des auteurs de langue kabyle. Pour ce qui concerne l'ŦAcirc;?uvre de Malek Ouarv, il a une aspiration vers ce que 1'on peut .appeler une « identité kabyle plurielle », où plusieurs pôles - le monde de la tradition littéraire orale berbère, mais aussi les mutations induites par le contact avec la France et l'utilisation de la langue française - une fonction structurante.

L'auteur affirme aussi que son écriture voudrait toucher à l'universel a travers le particulier, étant entendu que 1'universel n'est pas l'universalisation des normes littéraires d'une seule culture, mais 1'aspiration à toucher les structures du sentir et de la compréhension humaine.

Malek Ouary appartient à la première génération d'écrivains kabyles qui a produit des ŦAcirc;?uvres littéraires et des essais importants, contribuant ainsi à la transmission du patrimoine culturel kabyle et à la formation de la riche tradition littéraire « francophone » dans l'espace littéraire kabyle et dans la littérature algérienne.

lundi 18 août 2008, a 14:00
livre: les couleurs du temps
 

Les Editions Cultures Croisées vous signalent la sortie du livre de Guy Beaujard :  Les couleurs du temps- tome 1 : des Andelys à la Kabylie .

Ancien enfant de troupe et brillant élève, Pierre refuse de s'engager dans l'armée à la fin de ses études secondaires. Il part alors comme instituteur en Kabylie, en pleine guerre d'Algérie. Séduit par le pays et heureux dans son village de Kabyie, Pierre conscient de l'importance de la transmission réciproque des connaissances, enseigne avec passion et profite au maximum de la culture kabyle. Il sera pourtant contraint de quitter la Kabylie. Histoire à peine romancée, où les témoignages du héros principal sont un éclairage sur les injustices, l'abusrdité, et les horreurs de la guerre.


ISBN – 978-2-913059-34-1 294 pages 20 euros + 3,5 port

Editions Cultures Croisées, 1 Av.Maurice de Vlaminck – P64 – 77680 Roissy-en-Brie - France

lundi 18 août 2008, a 12:46
nouveau film amazigh "ansi d-kkigh anda teddugh"
 

T.Ould-Hamouda : Azul Hacène, Bienvenue à Kabyle.com

H.Zennia : Azul a Tassadit, Azul à tous les lecteurs de Kabyle.com.

Vous venez de réaliser votre premier film-documentaire qui est extraordinaire « Ansi dekkigh, anda teddugh », pouvez-vous nous en parler?

J'ai réalisé ce film documentaire depuis maintenant 2 ans environ. C'est dans le cadre de ma soutenance pour un Master en réalisation de Film « 2004 – 2006 » à l'Université de Washington DC, que ce documentaire a été conçu. Il a été projeté devant un Jury et une audience au sein de cette Université sous le titre “The Berbers of Djurdjura”.

Il a reçu un écho favorable alors que la majorité ignorait jusqu'à l'existence de notre culture. Mon but était, dans un premier temps : faire connaître notre existence millénaire, par la suite, sensibiliser les berbères en général et les Kabyles en particulier, à sauvegarder notre culture et nos traditions. L'avancée de la technologie ne doit pas occulter nos racines et on ne doit jamais oublier d'où l'on vient.

Les figurants sont des gens de votre famille : votre mère, votre oncle, etc… Ils ont interprété leurs rôles à la perfection, les avez-vous initié au théâtre ?

Pas du tout, j'ai seulement informé ma mère de mon projet quelques temps avant mon arrivée au village : je lui ai fait savoir que je voulais filmer pour faire un petit documentaire sur notre région dans le cadre de mes études et possiblement le faire passer à la télévision plus tard. Elle a été magnifique, les autres aussi : ils étaient dans leur milieu avec leurs tâches quotidiennes et c'était exactement le but recherché. Je voulais qu'ils se comportent le plus naturellement possible et qu'ils oublient la camera. La seule instruction que je leur ai donné était de s'occuper de leurs travaux et moi je m'occuperai de la camera et ils ont bien assumé leurs rôles.

Vous avez choisi votre région comme lieu du tournage et c'est tout à fait normal quand on sait que le documentaire retrace un peu votre vie. Comment avez-vous réussi à convaincre votre famille quand on sait que chez nous : Il y a beaucoup de choses dont on n'aime pas parler en public ?

J'ai choisi de faire un petit portrait de la société kabyle avec une approche très personnelle car je savais que si je réussis à montrer ma famille à Tigzirt et Taksebt, le village de mon père, toutes les familles kabyles s'identifieront. Nos familles ont toutes vécu la même histoire, dans les mêmes conditions, les mêmes coutumes, que ce soit à Azazga, Taksebt ou Ighil-Ali, c'est la même Kabylie. Je n'avais pas vraiment à les convaincre, ils étaient très à l'aise avec moi, ils savaient qu'ils n'avaient rien à craindre, je suis un des leurs et c'est la confiance qui prime. Vous avez vu comment ma mère parlait devant la camera ? Elle était réellement à son aise car elle parlait à son fils avant tout. Cette confiance est très importante entre réalisateur et figurants. Pour les contraintes, quelques personnes qui n'étaient pas de ma famille ne voulaient pas participer au projet car elles ne me connaissaient pas bien et surtout elles ignoraient mes intentions. Je comprends bien leur méfiance et je respecte leur décision, exemple, une jeune Kabyle, avec son bébé dans une “Fouda” sur le dos, arrosait son beau jardin au crépuscule du soir et je l'ai filmée sans lui demander la permission. Elle m'a demandé plus tard de ne pas l'inclure et j'ai respecté, mais j'avoue que j'étais un peu déçu car l'image était superbe et représentait une femme kabyle dans toute sa nature.

Le documentaire a été fait en 3 langues : Tamazight, Français et Anglais, pour quelle raison, est-ce pour plus d'audience ?

L'Anglais étant obligatoire puisqu'il s'agit de la langue de mes études et donc de ma soutenance. Par ailleurs pour présenter ou proposer le documentaire aux différents festivals aux Étas-Unis, il fallait cette version. Tamazight étant ma langue maternelle, il va de soi que cette langue puisse paraître comme version d'origine de ce film documentaire. La version française étant nécessaire, étant donné que la majorité des Kabyles vivent dans des pays francophones et de ce fait, ils peuvent le présenter à leurs amis, à leurs enfants qui souvent ont de la misère à parler notre langue. Je pense qu'avec ces trois langues le film aura une plus grande audience internationale et permettra aux gens qui ne connaissent pas notre culture d'apprendre même une fraction de ce que représente la culture Berbère avec toutes sa richesse et sa diversité.

Pour un premier film documentaire, c'est vraiment une réussite, avez-vous d'autres projets dans le domaine ?

Tanmirt. J'espère que les gens auront l'occasion de le voir et de donner leur avis. En effet, j'aimerai bien faire d'autres documentaires, toujours autour de la culture Berbère car le premier film n'a couvert qu'une fraction de toute cette richesse que nous avons. Il y a tellement d'histoires qui ne sont pas encore entendues, des personnages, des paysages, des vieux villages Berbères dans toute leur authenticité et splendeur que j'ai envie de faire découvrir aux autres. J'ai effectué un voyage à l'Ahaggar - Tamanrasset quand j'étais étudiant à l'université de Tizi Ouzou en 1994 avec des amis et j'ai gardé un souvenir impérissable en moi. La mise en scène est prête, « l'Ahaggar »est un lieu de rêve. J'ai eu la chance d'assister à des festivals de musique et danses Touaregs qui racontaient des histoires fascinantes. Je suis à la recherche de mon « personnage » qu'il faudrait suivre afin qu'il me raconte son histoire et je ferai un beau portrait de cette région sacrée. Bien sûr, dans la vie, il n'y a pas que la beauté des choses ou des régions, il y a aussi les sujets de société qu'il faudrait traiter : les difficultés, la jeunesse, le chômage, l'environnement, etc.

Pour les gens qui veulent acquérir ce film-documentaire, où peuvent-il le trouver ?

Il est distribué par une compagnie Internet Américaine: http://www.filmbaby.com/films/3111. Ils envoient le DVD dans le monde entier par voie postale sans problème. Actuellement, je suis à la recherche de distributeurs en Europe, au Québec et en Kabylie. Ceux qui sont intéressés peuvent m'écrire. Pour toutes suggestions et commentaires, le site du DVD est http://www.zenniastudio.com

Hacène, votre mot de la fin ?

Tanemmirt à Kabyle.com pour m'avoir donné l'occasion de m'exprimer. Je profite de l'occasion qui m'est offerte pour remercier tous ceux qui ont contribué et m'ont aidé à réaliser ce film. Je remercie «Yelas » pour m'avoir permis d'utiliser sa musique dans le documentaire, le musicien qui m'a aidé dans l'instrumental du film. Je remercie également : Rachid Beguenane qui a programmé ce film dans son émission à Brtv dès sa sortie, l'organisation Tazzla qui a projeté le film lors du premier festival du film Amazigh à Los-Angeles, l'ACAA (l'association Imazighen USA) pour avoir projeté le film à New Jersey lors de la célébration du 20 Avril 2008 et pour le message d'encouragement écrit à propos du DVD à la Une leur site internet. Mes remerciements vont aussi à Hacene Baleh de Sidney qui a voulu distribuer le DVD en Australie et enfin un grand merci à toute ma famille.

Tanmirt a Hacène

source: kabyle.com

Présentation
Nous souhaitons valoriser la culture kabyle qui nous a été transmise par nos aïeux et défendre nos origines en matière de religion premièrement, à savoir le christianisme avec des pionniers de l'époque tels que St Augustin ou St Cyprien ; Revendiquer notre identité si souvent bafouée au niveau linguistique : la langue amazighe, héritage de nos pères mais aussi nos valeurs, qui font la richesse de notre culture. Mais nous voulons également encourager les échanges culturels entre nos deux peuples français et kabyle dans les mêmes domaines. De plus nous souhaitons être solidaire du peuple kabyle en Algérie en organisant un service d'entraide ayant comme principal objectif à plus ou moins long terme, la création d'un établissement social, un orphelinat.

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